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Yoga, relaxation, massage...

Cancer : 3 Français sur 4 souhaitent des approches complémentaires

Les Français sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les approches complémentaires pour traiter leur cancer, selon le dernier baromètre de l’Institut Curie.

Cancer : 3 Français sur 4 souhaitent des approches complémentaires Mike DeVries/AP/SIPA

  • Publié 11.09.2014 à 22h40
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Le cancer n’est pas seulement affaire d’allopathie. Pour près de trois-quarts des Français (72%), les traitements médicaux classiques doivent s’accompagner de soins complémentaires – hypnose, massages, relaxation, yoga, sports adaptés… Un chiffre en hausse par rapport à l’année précédente (+9%), selon le dernier baromètre Cancer de l’Institut Curie, qui analyse l’opinion des Français sur le cancer.

Les femmes sont plus nombreuses à plébisciter ces approches psychocorporelles (76%, contre 67% d’hommes), tandis que 29 % des hommes les estiment peu, voire pas importantes. Les seniors semblent également un peu moins convaincus : 67 % d’entre eux les jugent importantes, soit 5 points de moins que l’ensemble de la population.

Des patients « proactifs »
« Les patients atteints d’un cancer ont énormément de médicaments à prendre, surtout en cas de chimiothérapie. Ces approches, qui favorisent la médiation corporelle, sont donc très appréciées », explique Sylvie Dolbeault, responsable de l’Unité de Psycho-oncologie et chef du département interdisciplinaire de soins de support de l’Institut Curie. « Elles permettent aux patients d’être proactifs. Ce n‘est pas seulement : je consomme un médicament et j’attends que ça se passe. Là, c’est : je prends en compte les symptômes, j’apprends à les gérer par moi-même avec des techniques que je m’approprie. »

Ecoutez le Dr Sylvie Dolbeault, responsable de l'unité de psycho-oncologie à l'Institut Curie : « Nos patients ne veulent pas être des numéros. C'est ce que proposent ces approches complémentaires. »


De fait, la dimension psychologique occupe une place importante : dans le sondage, lorsqu’on demande aux Français ce que ces approches peuvent apporter aux malades, ils évoquent en premier lieu un soutien psychologique (43 %), puis une diminution des effets secondaires et des douleurs (17 %). « Mais les patients attendent un bénéfice direct de ces approches sur le symptôme. D’ailleurs, de nombreuses études montrent que l’hypnothérapie, par exemple, est un moyen efficace de diminuer les douleurs rebelles et chroniques, ou les bouffées de chaleur », poursuit Sylvie Dolbeault.

Ecoutez le Dr Sylvie Dolbeault : « Ces techniques agissent sur le symptôme et la dimension psychologique.»


Un décalage entre l’offre et la demande
L’Institut Curie se veut l’un des pionniers en matière d’approches complémentaires en cancérologie. Depuis plusieurs années, ses services proposent un certain nombre d’activités psychocorporelles. « Nous avons mis le paquet pour que les professionnels qui connaissent ces techniques s’organisent. L’une de nos infirmières est aussi sophrologue ; certains membres du personnel connaissent des techniques de relaxation. Notre site à Saint-Cloud propose aussi des ateliers de Qi Gong. »

Mais, faute de moyens, la liste d’attente se remplit chaque jour. Les patients sont presque triés sur le volet : ils doivent suivre un entretien de motivation avec un psychologue, faire preuve d’assiduité et d’implication personnelle. « Ce sont des ressources rares, nous n’avons pas les moyens de répondre à toutes les demandes, regrette Sylvie Dolbeault. L’hôpital ne peut pas tout faire… Il faut tarifer ces approches, les reconnaître comme un acte médical à part entière. »

Ecoutez le Dr Sylvie Dolbeault : « En période de restriction économique, ces approches complémentaires peuvent être mises en péril. »


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