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Conseil d’État

Vaccination : un collectif attaque les adjuvants à l’aluminium

Par Antoine Costa

Jacqueline Bergel, l’avocate des anti-vaccins, demande à la ministre de la Santé que les vaccins obligatoires contenant de l’aluminium soient retirés du marché.

smuayc/Epictura

Ils l’avaient annoncé, et ils l’ont fait. Les anti-vaccins passent à l’offensive contre les adjuvants à l’aluminium. Le 8 février dernier, le Conseil d’État avait laissé 6 mois au ministère de la Santé, soit jusqu’au 8 août, pour mettre à disposition un vaccin n’immunisant que contre les trois maladies obligatoires, à savoir diphtérie, tétanos et poliomyélite. Les anti n’ont donc pas traîné, et profitent de cet échec pour enfoncer le clou.

Une lettre d’une douzaine de pages aurait été remise à la ministre de la Santé, d’après Le Monde. Rédigée par Me Jacqueline Bergel, qui avait déjà mené la bataille contre le vaccin Infantrix, elle réclame que soient retirés les vaccins contenant de l’aluminium. Une demande qui revient à réclamer la levée de l’obligation vaccinale sur la diphtérie, le tétanos et la polio.

Pas de remplaçant

« L’aluminium ne s’élimine pas dans le corps et le sang, il a un caractère biopersistant, a déclaré l’avocate à la rédaction d’Allodocteurs.fr. Le risque est que ce métal lourd remonte alors dans le cerveau et crée des maladies neuromusculaires telles que la myofasciite à macrophages », estime-t-elle.

Elle réclame donc qu’un vaccin sans aluminium soit produit. Mais le seul disponible a été retiré du marché en 2008, car il provoquait de nombreuses réactions allergiques. « Tous les vaccins du monde contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, la méningite et l’hépatite contiennent des adjuvants à aluminium, explique le Pr Robert Cohen, pédiatre. Il y a des vaccins sans aluminium mais pas pour ces maladies-là ».

En développer de nouveau prendrait des années, sans résultat assuré. Les sels d’aluminium servent en effet à provoquer la réaction immunitaire, et sont donc au cœur du fonctionnement des vaccins. Ils sont utilisés depuis une centaine d’année, mais sont sujets à controverse.

Pas de consensus

Pour l’immense majorité de la communauté médicale, ils sont bien tolérés, et aucun incident n’a été formellement identifié. Pour ses détracteurs, ils provoquent des maladies auto-immunes comme la myofasciite à macrophages, qui se traduisent par des lésions musculaires ou un syndrome de fatigue chronique.

Seulement, jusqu’à présent, les études scientifiques n’ont pas montré avec certitude de lien de causalité entre l'aluminium et ces symptômes. Le Dr Romain Gherardi, chef de service des maladies neuromusculaires à l’hôpital Henri Mondor à Créteil, se bat pour faire reconnaître ce lien. Mais pour l’instant, aucune instance officielle dans le monde ne reconnait de danger lié aux sels d’aluminium dans les vaccins.