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Composante métabolique

Anorexie : une région du chromosome 12 en cause

Par Denis Boucheny

L’anorexie mentale a été associée pour la 1ère fois à une région du génome, grâce à l'analyse de l'ADN de 3 500 patientes.

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C’est une première. Des chercheurs de l’université de Caroline du Nord (Etats-Unis) ont identifié un gène impliqué dans l’anorexie mentale qui pourrait être lié aux mécanismes métaboliques de cette maladie, potentiellement mortelle.

Des études de cohorte avaient déjà permis d’identifier des gènes associés à des comportements ou à des troubles psychiatriques souvent présents dans l’anorexie. Cependant, aucun gène clairement lié à cette pathologie n’avait encore été mis en évidence.

Cette fois, les chercheurs ont utilisé les grands moyens en réalisant l’étude génétique la plus puissante conduite à ce jour sur cette maladie. Ils ont en effet analysé l’ADN de l’ensemble du génome de près de 3 500 personnes souffrant d’anorexie mentale et de 11 000 autres non-malades.

Facteurs métaboliques

L’équipe américaine a identifié un locus de l’anorexie mentale sur le chromosome 12, dans une région connue précédemment pour être associée au diabète de type 1 et à des maladies auto-immunes. Ils ont également calculé les corrélations génétiques, c’est-à-dire la façon dont différents troubles sont causés par les mêmes gènes. Ils ont ainsi découvert que l’anorexie mentale est génétiquement corrélée à la névrose et à la schizophrénie, ce qui conforte l’idée selon laquelle l’anorexie mentale est vraiment une maladie psychiatrique.

Plus inattendu, les auteurs de l’étude ont aussi trouvé de fortes corrélations génétiques avec diverses caractéristiques métaboliques telles que la composition de l’organisme, l’index de masse corporelle et les mécanismes de régulation insulino-glucidique. Cette dernière découverte encourage les chercheurs à analyser en profondeur de quelle façon des facteurs métaboliques augmentent le risque d’anorexie.

Ils poursuivent donc leurs travaux en accroissant la taille de leurs échantillon, car considérer l’anorexie mentale à la fois comme une maladie psychiatrique et une affection métabolique pourrait conduire au développement de nouveaux médicaments pour traiter une maladie pour laquelle aucun n’existe actuellement.