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H5N8

Grippe aviaire : à quoi sert le vide sanitaire

Par la rédaction

Le vide sanitaire décidé par le gouvernement pour mettre un terme à l’épidémie de grippe aviaire démarre lundi dans cinq départements.

Goodluz/epictura
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Aux grands maux les grands remèdes. Confrontées à une épidémie de grippe aviaire sur le territoire, les autorités ont décidé de mettre en place une mesure radicale à partir de ce lundi et imposant un vide sanitaire dans les élevages de palmipèdes dans cinq départements du sud-ouest (Haute-Garonne (37 communes), Gers (277 communes), Landes (267 communes), Pyrénées-Atlantiques (320 communes) et Hautes-Pyrénées (233 communes).

Cette mesure est à la hauteur d'une épidémie sans précèdent. Le virus de l’influenza aviaire non transmissible à l’homme a été identifié dans 77 élevages dans 9 départements. A chaque nouveau foyer détecté, des milliers de palmipèdes (canards et oies) ont été abattus à titre préventif.

Assainir les élevages

Pour assainir les élevages, le ministère de l’Agriculture a préféré mettre fin à ces abattages massifs et a choisi de mettre en place une dépopulation progressive. Il s’agit maintenant de nettoyer et de désinfecter tous les élevages, les lieux d’abattage et les usines de production pour accueillir des canetons et oisillons à partir de mi-mai, puis des palmipèdes adultes en juillet. Un repeuplement qui sera conditionné à des mesures de biosécurité renforcées.

Pour assurer le succès de la mesure, le ministère a demandé un suivi spécifique jusqu'au 31 mars 2018 avec des tests de dépistage du virus sur les palmipèdes à plusieurs étapes de leur vie. Les véhicules servant à transporter les canards et autres oies devront aussi être « nettoyés et désinfectés » entre chaque trajet.

Selon le gouvernement, le retour des animaux prévu à partir du 29 mai, devrait permettre d'assurer la présence du foie gras du Sud-Ouest sur les tables pour les fêtes de fin d'année.

4 millions d'euthanasie

Cette mesure vient compléter l'abattage préventif des oies et des canards mis en place début janvier dans le but d'endiguer l'épidémie H5N8 apparue fin novembre. Plus de quatre millions de palmipèdes ont été euthanasiés, essentiellement dans Les Landes et le Gers. Une perte pour les éleveurs estimée à 250 millions d'euros.

Si le vide sanitaire est la méthode la plus radicale en situation d'urgence pour lutter contre la grippe aviaire, elle n'est évidemment pas satisfaisante pour les producteurs. Pour tenter de ne plus en arriver là, la filière avicole a signé sur un « pacte » visant à réformer en profondeur les méthodes de production et de transport afin de limiter à l'avenir les risques de propagations virales.

Cela passera par l'instauration d'un audit annuel sur l'application des règles de biosécurité chez les éleveurs de canards, une meilleure gestion des effluents (lisiers),... Les méthodes de transport des canards entre naisseurs, éleveurs, gaveurs et abatteurs seront également revues, pour limiter au maximum les distances parcourues.