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Aux Etats-Unis

Zika : 10 % des femmes enceintes ont eu un enfant atteint de malformation

Par Anne-Laure Lebrun

En 2016 aux Etats-Unis, 1 000 femmes enceintes auraient été infectées par le virus Zika, dont 250 cas confirmés. Parmi ces dernières, 1 sur 10 a eu un enfant atteint d'anomalie cérébrale. 

Carlos Giusti/AP/SIPA

L’épidémie de Zika s’est essoufflée, mais les traces de son passage sont encore visibles chez de nombreux nouveau-nés. Un rapport des autorités sanitaires américaines (CDC) publiée ce 4 avril montre qu’en 2016, une femme sur 10 infectée au cours de sa grossesse (infection confirmée en laboratoire) a donné naissance à des enfants souffrant de malformations congénitales aux Etats-Unis.

« Le virus zika peut effrayer les familles et être dévastateur. Il continue à être une menace pour les femmes enceintes américaines, a rappelé la directrice des CDC, Anne Schuchat. Avec les chaleurs et la nouvelle saison des moustiques qui arrivent, la prévention est plus que jamais nécessaire pour protéger la santé des mères et de leurs enfants. Les professionnels de santé peuvent jouer un rôle clé dans ces efforts de prévention. »


Un spectre d’anomalies

L’an dernier, près de 1000 femmes enceintes de 44 Etats américains auraient contracté la fièvre Zika, indiquent les CDC. Pour la grande majorité, la contamination a eu lieu lors d’un déplacement dans un pays touché par la flambée épidémique. Toutes ont pu mener leur grossesse à terme, et 50 d’entre elles ont eu des enfants souffrant de microcéphalie, anomalies neuronales, troubles oculaires ou auditifs. Ce spectre d’anomalies congénitales est aujourd’hui appelé «syndrome associé à l’infection congénitale à virus Zika», précise l’Organisation mondiale de la santé sur son site.

Parmi toutes ces femmes enceintes, les autorités ont pu confirmer l’infection par le virus Zika chez 250 d’entre elles. Une vingtaine a eu un enfant atteint d’anomalies liées à l’exposition in utero de Zika, soit une sur dix.

 

 

Eviter de voyager en zone à risque

L’analyse des CDC confirme que l’infection par le virus lors du premier trimestre est la période la plus risquée. Le risque que le fœtus ou nouveau-né développe des malformation est d’environ 15 %. Un rapport des CDC publié début mars a également montré que l’épidémie de Zika avait multiplié par 20 le risque pour les bébés d’être victime de complications neurologiques.

Pour les autorités sanitaires, ces nouvelles données soulignent l’importance pour les femmes enceintes d’éviter les zones à risques, notamment l’Amérique du Sud et les Caraïbes, ainsi que la nécessité de se protéger lors d’un rapport sexuel. De fait, les CDC rappellent que le virus Zika ne se transmet pas seulement par la piqûre d’un moustique. Le virus peut persister dans le sperme et infecter le partenaire lors d’un rapport non protégé.