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Journée du sommeil

Sommeil : travailler chez soi augmente les insomnies

Par Audrey Vaugrente

30 à 50 % des travailleurs français dorment trop peu à cause de leur travail. Et le "home-office" serait encore plus néfaste.

stefanolunardi/epictura

Les Français le reconnaissent, ils ne dorment pas assez. La moitié de la population est concernée par des nuits trop courtes. Un tiers déclare même souffrir d’un trouble du sommeil, si ce n’est plus. A l’occasion de la Journée du sommeil, l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) attire l’attention de la population sur l’impact du travail sur la qualité de ces nuits. Il est loin d’être anecdotique.

Un sacrifice fréquent

Rythmes de travail allongés, horaires décalés, astreintes… Le travail a tendance à empiéter sur la vie privée. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), en 20 ans, la part de travailleurs de nuit a doublé. Ce sont désormais 3,5 millions de personnes qui travaillent à la lumière artificielle.

« C’est 20 % des salariés qui dorment en moyenne une à deux heures de moins par 24 heures, une nuit de moins par semaine et 30 à 40 nuits que ceux qui travaillent de jour », chiffre le Pr Damien Léger, responsable du centre du sommeil et de la vigilance à l'Hôtel-Dieu (Paris), interrogé par l’AFP. Un rythme lourd de conséquences pour la santé mentale, notamment.

Sans compter qu’une part non négligeable des jeunes adultes se réveille pour répondre à un e-mail en plein milieu de la nuit. Même ceux qui rêvent de sommeiller dans les bras de Morphée n’y parviennent pas toujours. Par exemple, 73 % des adultes se réveillent, au moins une fois, pendant une durée de 30 minutes.

Les Français sacrifient donc de précieuses heures de sommeil pour leur vie professionnelle. Par conséquent, les actifs dorment en moyenne 7 heures la semaine… et se rattrapent avec des nuits de 8 heures en moyenne le week-end.

 

Des perturbations omniprésentes

Certains pourraient espérer que le télétravail améliorerait ce bilan. Moins de temps dans les transports, c’est aussi plus de temps personnel. En réalité, les salariés qui travaillent à distance ont tendance à faire empiéter la vie professionnelle sur la vie privée. Résultat : 42 % des personnes en télétravail permanent ont des troubles du sommeil, contre 29 % de ceux qui se déplacent chaque jour au bureau.

A ces troubles d’origine professionnelle s’ajoutent les perturbations provoquées par la vie de couple. Dormir à deux est loin d’être aussi bénéfique qu’on aimerait le croire. Au contraire, ronflements et mouvements intempestifs au lit ont tendance à ruiner les nuits de l’autre occupant. Un quart des adultes ont un sommeil perturbé à cause de cela.

Trouver des alternatives est donc urgent. Car tous ces réveils nocturnes ont un impact lourd sur la santé plus générale. Systèmes immunitaire et cardiovasculaire sont affectés par la qualité des nuits. Les personnes qui dorment trop peu sont également plus à risque de développer un surpoids et d’autres maladies métaboliques. Autant d’affections qui détériorent la qualité de la retraite.