ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Smartphones : quand la musique casse les oreilles des ados

Sondage Ifop

Smartphones : quand la musique casse les oreilles des ados

Par Audrey Vaugrente

Trop de musique et surtout trop fort. 30 % des jeunes prennent des risques avec leur smartphone.

undrey/epictura

Elle est bien finie l’époque où la musique circulait dans l’espace public. L’heure est désormais à l’individualité. Casques et écouteurs, branchés au smartphone sont la règle. Un gain pour la paix dans les transports… mais pas les oreilles. Car les jeunes ont un peu trop tendance à solliciter leur téléphone portable. C’est ce que révèle une étude Ifop pour l’association Journée nationale de l’audition (1).

Un doudou

Le smartphone n’est plus seulement un outil pour téléphoner. C’est désormais un compagnon de vie. Parmi les jeunes interrogés, 90 % l’utilisent plus d’une heure par jour. Côté audition, c’est une bombe à retardement : même au lit, le téléphone reste présent… et sert même de doudou. En effet, la moitié des personnes de moins de 35 ans écoutent de la musique avec pour s’endormir.


Loin d’adopter les bonnes habitudes, adolescents et jeunes adultes préfèrent les écouteurs intra-auriculaires au casque. Quitte à monter le volume de plusieurs décibels. Les sondés le reconnaissent, ils ont une fâcheuse tendance à saturer leur oreilles : 30 % écoutent de la musique à un volume élevé. Seuls leurs aînés, de plus de 35 ans, se montrent plus raisonnables.

Pas conscience des risques

Ces comportements à risque sont particulièrement marqués chez les jeunes. « Plus l’âge est jeune, plus l’écoute de musique sur le portable se rallonge, explique la JNA. Les jeunes sont donc la principale cible des expositions sonores ! » Et pourtant, ils ne sont pas conscients des risques. Si 85 % de la population interrogée affirment connaître les dangers d’un volume sonore excessif, ce n’est le cas que d’un tiers des 15-17 ans.

Il n’est donc pas surprenant de constater que, parmi les moins de 35 ans, une part non négligeable a déjà souffert d’acouphènes. Quatre sur dix ont déjà connu ces sifflements, grésillements et bourdonnements.

Ce constat n’est pas rassurant car le smartphone a clairement supplanté les autres appareils chez les mélomanes. Le dispositif caracole en tête avec les ordinateurs et devant les baladeurs MP3… La chaîne Hi-Fi ne figure même plus dans le classement. Au total, 76 % des jeunes utilisent régulièrement leur téléphone pour écouter de la musique.

 

(1) Etude Ifop réalisée pour la Journée nationale de l’audition, auprès de 1 200 personnes âgées de 15 ans et plus