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Générations futures

Des dizaines de perturbateurs endocriniens dans les cheveux de 7 personnalités "écolo"

Des personnalités issues du milieu de l’écologie ont accepté de faire analyser leurs cheveux. Ils recèlent un cocktail détonnant de perturbateurs endocriniens.

Des dizaines de perturbateurs endocriniens dans les cheveux de 7 personnalités \ Guillaume Collet/SIPA

  • Publié 23.02.2017 à 18h57
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Partout, sans exception. Même dans les cheveux des écolos... Les perturbateurs endocriniens (PE) confirment leur omniprésence. Générations Futures avait déjà montré que ces substances contaminaient nos salades, nos fraises, nos mueslis, nos femmes enceintes, nos enfants… La dernière enquête de l’ONG révèle à présent que les Verts n’échappent pas à cette exposition.

Pour ce nouveau volet de l’enquête « EXPPERT » (EXposition aux Pesticides PERTurbateurs endocriniens), les mèches de cheveux de sept personnalités écologistes ont été prélevées, afin d’analyser la présence d’environ 200 perturbateurs endocriniens (dont 150 pesticides PE, 4 bisphénols, 13 phtalates et 32 congénères de PCBs). Résultat : un sacré coup de massue pour Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Autissier, Delphine Batho, José Bové, Nicolas Hulot, Yannick Jadot et Mare-Monique Robin.

Entre 36 et 68 substances

Tous ont dans l’organisme chacune des familles de produits analysés, rapporte Générations Futures. « On trouve entre 36 (D. Batho) et 68 (I. Autissier) perturbateurs endocriniens par personnalité. Les quantités trouvées varient elles de 9031 pg/mg de PE (D. Batho) et 158643 pg/mg (I. Autissier). Les quantités de PE varient d’un facteur 17.5 entre la personne la moins contaminée (D.Batho) à celle la plus contaminée (I.Autissier) », précise l’ONG.

Le fameux « effet cocktail », qui soulève tant de crainte car il démultiplie la toxicité des perturbateurs endocriniens pris isolément, s’illustre ici avec éloquence. Et pourtant, toutes ces personnalités disent limiter l’imprégnation de ces substances chimiques…

"Terrifiant"

« Les résultats de cette analyse sont assez terrifiants, alors que j’essaye de surveiller mon alimentation pour éviter les produits traités ou préparés et favoriser le bio », s’exclame ainsi Isabelle Autissier, citée par Générations Futures.

C’est la plus contaminée de tous. Elle présente notamment des traces (non quantifiées) de DDT, insecticide interdit depuis 1972. Sur France Info, la navigatrice, également présidente du WWF-France, s’interroge. Dans son passé, il y a une vingtaine d’années, elle a travaillé sur des chantiers navals ; a-t-elle été contaminée par les nombreux polluants manipulés par les ouvriers ? Elan de panique chez ces personnes particulièrement concernées par la cause. 

Exposition chronique et récente

Les résultats d’Isabelle Autissier, comme des autres participants, suggèrent plutôt une exposition récente et chronique. D’abord parce que Générations Futures avait déjà mis en évidence la persistance du DDT dans les sols et les cultures – et donc dans nos assiettes – plus de 40 ans après son interdiction. Ensuite,  les analyses de cheveux ne permettent pas d'évaluer une exposition au-delà de six mois.

En effet, dans un environnement pollué, l’organisme absorbe le toxique, lequel passe par le sang et irrigue tous les organes, dont le bulbe du cheveu. D’où la présence de ces toxiques dans les cheveux.

Dans cette enquête, il s’agit de prélèvements de 3 à 4 cm de cheveux à la racine ; or, la fibre capillaire pousse à raison d’un centimètre par mois. Cela signifie donc qu’il y a trois ou quatre mois, les participants ont été contaminés par un polluant, que leur organisme a excrété par les cheveux.

Vote imminent

Cette enquête permet donc de conclure à un environnement actuel toxique pour tout le monde, bien que « l’exposition des personnes n’est pas uniforme mais varie considérablement en fonction de l’environnement dans lequel elles évoluent et/ou ont évolué ».

Ces résultats ont été présentés à quelques jours d’un vote d’une importance capitale. En effet, le 28 février, la Commission européenne doit fixer des critères permettant de définir un perturbateur endocrinien. De cette définition dépendra la santé des citoyens, écologistes ou pas.

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