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UFC-Que choisir

Perturbateurs endocriniens : les personnes vulnérables plus exposées

L'association de défense des consommateurs révèle avoir retrouvé des perturbateurs endocriniens et des allergènes dans des produits destinés à des populations fragiles.

Perturbateurs endocriniens : les personnes vulnérables plus exposées andrej_k/epictura

  • Publié 21.02.2017 à 18h44
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Pas moins de 400 gels douches, crèmes ou déodorants contiendraient des substances toxiques, alerte UFC-Que choisir. Un an après leur état des lieux, l’association révèle que peu de produits d’hygiène et de beauté ont été reformulés pour éliminer ces 11 ingrédients jugés dangereux.
Parmi ces centaines de produits, certains sont particulièrement problématiques. Il s’agit notamment de ceux destinés aux personnes vulnérables et ceux qui renferment plusieurs molécules indésirables, qu’elle surnomme « les cumulards ».

UFC-Que choisir s’intéresse particulièrement aux tout-petits, adolescents et femmes enceintes, « autant d’utilisateurs dont les fabricants de cosmétiques devraient prendre soin ». Or, l’analyse des produits suggère que ces consommateurs fragiles sont exposés, parfois quotidiennement, à des perturbateurs endocriniens ou des allergènes. Sur les étiquettes de crèmes corporelles ou anti-vergetures, les produits d’hygiène intime ou les dentifrices, l’association a retrouvé des perturbateurs endocriniens. Elle cite notamment le BHA, le butylparaben ou le Triclosan.


Les enfants ne sont pas épargnés

L’UFC-Que choisir s’inquiète également de la présence de la methylisothiazolinone (MIT) et de la methylchloroisothiazolinone (MCIT), « les ingrédients les plus préoccupants, du moins à court terme ». Ces conservateurs doivent remplacer les parabens. Mais très vite, les spécialistes se sont alarmés de la hausse de cas d’eczéma, notamment chez les enfants.
Leur utilisation a donc été encadrée. Dans les produits cosmétiques non rincés, leur association est interdite depuis avril 2016, mais UFC-Que choisir a mis la main sur des lingettes « hors la loi ». La présence du MIT dans ces mêmes produits est aussi prohibée depuis le 12 février 2017. Elle est pourtant toujours retrouvée dans des crèmes ou laits pour bébé sans rinçage. Dans les produits lavants à rincer, ces molécules toujours autorisées, sont là aussi contenues dans des produits pour bébés et pour enfants en bas âge.

Et dans certains produits d’hygiène ou de beauté, perturbateurs endocriniens et allergènes se côtoient. L’association a découvert parfois 4 molécules indésirables dans une même référence. Certains de ces produits cumulards sont destinés aux adolescents ou jeunes enfants.


Décrypter les étiquettes

Cette nouvelle analyse n’est guère rassurante. Alors face à « l’inertie des pouvoirs publics » et des industriels, l’association relève qu’il « va falloir s’habituer à scruter la liste des ingrédients » car « cela reste le seul moyen d’éviter des produits potentiellement à risque ». Pour aider les consommateurs, elle a mis à disposition une carte repère « à glisser dans le portefeuille ».

Du côté des industriels, la Fédération des entreprises de la beauté (Fedea) s’indigne : « Halte à l’intox ! ». « Dans l’obligation de réagir au dossier d’UFC-Que choisir », le syndicat assure être « plus que jamais engagé dans la sécurité » des consommateurs et rappelle que tous les produits mis sur le marché sont sûrs car la réglementation européenne est « la plus sûre au monde ».
Le Pr Annick Barbaud, dermatologue et allergologue à l’hôpital Tenon (Paris) interrogée par UFC-Que choisir, n’est pas du même avis. Elle affirme que les tests effectués par les industriels ne valent rien  s’ils sont menés sur une vingtaine de personnes prises « au hasard ». « J’appartiens à un réseau de vigilance en dermato-allergologie, nous ne sommes jamais sollicités, déplore la spécialiste. Pourtant, un industriel qui voudrait vraiment tester son produit le ferait sur notre patientèle ».

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