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Trouble du sommeil

Insomnie : l'empathie pourrait suffire dans les cas légers

Par Anne-Laure Lebrun

Des chercheurs autrichiens montrent que cette technique non médicamenteuse n'apporte pas plus de bénéfices que le placebo pour améliorer l'insomnie.

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Yeux fixés au plafond, vous attendez que le sommeil vous gagne. Mais ça fait déjà 3 heures que vous vous retournez dans votre lit, et commencez à perdre espoir. Comme vous, environ 1 Français sur 5 souffre d’insomnie. Alors pour dormir sur leurs deux oreilles, 11 millions d’adultes avalent des somnifères.

Des traitements loin d’être anodins. Ce sommeil artificiel favorise la dépendance et l’accoutumance, mais aussi les risques de somnolence diurnes. Des techniques alternatives non thérapeutiques ont alors été développées. Parmi elles, le neurofeedback a trouvé sa place dans de nombreux services hospitaliers. Mais à en croire une étude publiée dans Brain, un placebo est aussi efficace que cette technique pour combattre l’insomnie.

Le neurofeedback est né dans les années 1920 au moment du développement de l’électro encéphalogramme (EEG), un appareil permettant de visualiser les ondes cérébrales. Assis face à un ordinateur, les patients sont reliés à lui par des électrodes placées à la surface du crâne. A l’aide de leur esprit, ils doivent faire bouger des pièces de puzzle qui apparaissent sur l’écran. Cet exercice est censé entraîner le cerveau, et permettre aux patients de trouver le sommeil plus facilement.


Comment retrouver le sommeil

Jusqu’à aujourd’hui, peu d’études se sont intéressées à l’efficacité de cette technique non médicamenteuse. C’est pour cette raison que les chercheurs de l’université de Salzburg (Autriche) se sont penchés sur le sujet. Ils ont recruté 30 patients insomniaques. Le sommeil de ces volontaires a été étudié pendant 9 nuits. Ils ont ensuite réalisé 12 séances de neurofeedback et 12 séances simulées. Les volontaires et les médecins ignoraient si les séances étaient réelles ou non.

A l’issue des ces 4 semaines d’expériences, les chercheurs ont découvert que le neurofeedback et le placebo ont amélioré le sommeil des participants de la même manière. Pour les auteurs, ces résultats montrent que l’amélioration de l’insomnie est davantage liée au fait de recevoir des soins et de l’empathie que les exercices du neurofeedback. Ils en concluent que dans le cas de l’insomnie primaire – trouble de sommeil non induite par une autre maladie ou de cause inconnue -, ce procédé n’apporte pas plus de bénéfices qu’un placebo.

Aussi pour retrouver un bon sommeil, avant même de se tourner vers des médicaments, les patients insomniaques devraient d’abord revoir leur mode de vie. Il est notamment conseillé de réaliser une activité calme avant d’aller au lit, éviter de s’exposer à la lumière bleue des écrans juste avant le coucher et boire du café ou du thé. Si le sommeil se fait désirer, il faut se lever et e recoucher uniquement quand le besoin de dormir se fait ressentir. Si l’insomnie se produit plus de 3 fois par semaine et depuis près d’un mois, il ne faut pas hésiter à consulter son médecin.