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QUESTION D'ACTU

Frédéric Valletoux

Hôpital : 50 propositions pour sortir de la crise

La FHF fait 50 propositions pour remettre l'hôpital à sa juste place et sortir de la crise. Le patron des directeurs veut s'attaquer notamment à l'intérim, extrêmement coûteux. 

Hôpital : 50 propositions pour sortir de la crise PFG/SIPA

  • Publié 05.02.2017 à 08h36
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L'intérêt marqué des Français pour les questions relatives à l’hôpital public et à l’avenir du système de santé n'a pas échappé à la Fédération Hospitalière de France (FHF). A moins de trois mois de la présidentielle , celle-ci a donc lancé, ce vendredi, sa plateforme de propositions pour le prochain quinquennat.
L’objectif de ces orientations portées par les directeurs d'hôpitaux : « dessiner un système de santé et des accompagnements médico-sociaux plus justes, plus accessibles, innovants et de qualité ».

Manque de moyens, urgences saturées, lits insuffisants, les maux ne manquent pas pour établir un diagnostic inquiétant sur l'hôpital. Dans le même temps, l'administration hospitalière a dû faire 3 milliards d'économies en 3 ans du fait de plans drastiques. D'où le péril généralisé... Contacté par Pourquoidocteur, le président de la FHF, Frédéric Valletoux, veut notamment s'attaquer à l'intérim, extrêmement coûteux.

3 fois le prix d'une journée 

Actuellement, un médecin intérimaire peut gagner jusqu'à 15 000 euros par mois. En moyenne, une journée de travail lui rapporte de 600 à 800 euros nets, soit un coût de 1 370 euros TTC pour l'hôpital, c’est-à-dire plus du triple du coût normal d'une journée de travail par rapport à un médecin titulaire. Ce recours massif à des médecins remplaçants « hors de prix » concerne toutes les spécialités médicales, mais tout particulièrement la médecine d'urgence, la radiologie ou encore l'anesthésie réanimation. 

Dans un rapport présenté à l’Assemblée nationale en 2014, le député socialiste de l’Isère, Olivier Veran, concluait ainsi que l’intérim plombe les comptes de l’hôpital public et coûte concrètement 500 millions d’euros à l’hôpital, soit trois fois le montant du déficit de ce secteur à l'époque. Cet élu, neurologue au CHU de Grenoble, formulait plusieurs propositions et notamment la mise en place d’un plafonnement de leurs revenus.

Une agence nationale de contrôle

« L'intérim aujourd'hui est un fléau pour les finances des hôpitaux », confirme Frédéric Valletoux. « La FHF aimerait également que les tarifs versés aux médecins intérimaires soient plafonnés », précise-t-il. Ce dernier ajoute qu'il faudrait créer, par ailleurs, une agence nationale publique pour limiter les abus sur les frais d'intermédiaires, etc. « Le but, c'est clair, est de rendre cette activité moins attractive. Nous devons enfin faire en sorte que les établissements de santé puissent mieux rémunérer leurs médecins », propose le président de la Fédération.

Dans certains territoires, la concurrence du privé est aussi trop forte, juge la FHF. Les cliniques devraient, selon elle, être plus transparentes quant aux rémunérations qu'elles proposent aux praticiens. « De là à dire que dans la privé les rémunérations aussi doivent être plafonnées c'est un autre débat », conclut Frédéric Valletoux. 

Retrouvez l'intégralité de l'entretien de Frédéric Valletoux :

Les autres propositions de la FHF 

- « L'hôpital public ne peut plus assumer seul des missions telles que la permanence des soins ou l'accueil des plus démunis. Il est aujourd'hui urgent que les pouvoirs publics réinstaurent l'obligation pour tous les acteurs financés sur des fonds publics de prendre leur part des contraintes, et notamment de participer à la permanences soins ;

- Promouvoir une approche efficace et pragmatique de la régulation de l'installation des médecins libéraux au sein des territoires en préservant la liberté d'installation en secteur 1 mais en ne rendant plus possible l'installation en secteur 2 dans les zones surdenses » ;

- Les personnels devraient pouvoir choisir un nouveau mode d'exercice « combinant augmentation de la durée de travail et renforcement de l'attractivité des rémunérations », afin notamment d'exercer dans plusieurs établissements de leur Groupement Hospitalier de Territoire (GHT).

 - La FHF plaide enfin pour le retour du jour de carence (le laps de temps durant lequel un salarié malade n'est pas indemnisé par la Sécurité sociale: un jour dans le public) supprimé en 2014. Une enquête du Figaro révélait en avril dernier que dans 22 établissements, les agents enchaînent 30 jours ou plus d'arrêts maladie, contre 23,8 en moyenne dans les autres.

 

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