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Hospices Civils de Lyon

Greffes de mains à Lyon : le Pr Lantieri se dit surpris

Une greffe des deux mains a été réalisées avec succès à Lyon. Mais l'opération, qui s'est déroulé en novembre, laisse planer le doute sur son cadre légal, 

Greffes de mains à Lyon : le Pr Lantieri se dit surpris londondeposit/epictura

  • Publié 02.02.2017 à 19h14
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Un homme d’environ 50 ans, amputé des quatre membres, a bénéficié d'une nouvelle double greffe de mains réalisée aux Hospices Civils de Lyon (HCL) en novembre 2016, a révélé mercredi Le Figaro. Il s'agit de la neuvième allogreffe (avec donneur) de main(s) réalisée en France depuis 1998 (huit à Lyon et une à Créteil). Cette dernière opération a été menée dans le cadre d'un programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) « obtenu pour réaliser une série de greffes, cinq initialement puis deux supplémentaires », ont précisé les HCL, ajoutant qu'il s'agissait là de la dernière place vacante du programme.

Selon Le Progrès, ce patient, dont l'identité n'a pas été dévoilée, était en attente de mains « depuis trois ans faute de donneurs ». Ce dernier n'a donc pas bénéficié d'un amendement voté début novembre dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2017, et entré en vigueur au 1er janvier 2017.
Celui-ci a modifié le cadre légal antérieur. Le texte va en effet dans le sens de donner aux Agences Régionales de Santé (ARS) la possibilité d’autoriser, pour une durée maximale de cinq ans, un établissement de santé à pratiquer une activité de greffe innovante, mais les textes définissant les modalités et conditions de mise en œuvre ne sont pas encore publiés. La greffe lyonnaise qui n'est donc pas intervenue dans ce cadre fait néanmoins des remous dans le milieu médical.

 

Des interventions aux Etats-Unis

« Je suis très surpris », confie le Pr Laurent Lantieri, chirurgien à l'hôpital européen Georges Pompidou (Paris) contacté par Pourquoidocteur. Il rappelle qu'il avait dû organiser l'été dernier la greffe d'une de ses patientes aux Etats-Unis, faute de PHRC adéquat.

« Par ailleurs, je ne comprends pas qu'on puisse mettre un patient dans le cadre d'un PHRC 17 ans après l'initiation de ce programme. Cela veut dire que la recherche pose quelques problèmes. Je ne connais pas un programme de recherche dans lequel on a 7 malades en 17 ans » lâche-t-il avec ironie.
Le concernant, il ne peut, c'est vrai, plus pratiquer ces interventions en France. En attendant une décision contraire, il prépare déjà de nouvelles interventions aux Etats-Unis. Cette femme amputée des quatre membres suite à une IVG fait partie des patients qu'il a l'intention d'amener Outre-Atlantique pour subir une intervention. « Pour le moment, Priscilla est toujours dans l'attente de donneur. On ne peut pas avoir une loi à Lyon et une autre à Paris. C'est hallucinant, le droit de mes patients est bafoué de manière inimaginable », conclut-il.

D'autres programmes à venir 

Le Figaro rapporte lui les propos d'un ancien membre du cabinet du ministère des Affaires sociales et de la Santé qui évoque une réalité beaucoup plus trouble : « Tout le monde fait ce qu’il veut en ce moment dans les hôpitaux. Il va y avoir des initiatives sauvages car le ministère de la Santé n’a plus d’autorité à moins de trois mois de la Présidentielle ».

Selon Le Progrès, de nouveaux programmes de recherche médico-économique (PRME) sont en attente d'autorisation à l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

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