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Enquête Ipsos/Asip Santé

Numérique : les médecins plébiscitent les nouvelles technologies

Par Antoine Costa

Internet, smartphone, tablettes… En ville ou à l'hôpital, les médecins sont bien équipés, et utilisent les outils numériques dans leur pratique quotidienne.

Esbenklinker/Epictura

Le temps de l’informatisation des médecins et du passage à la télétransmission de feuilles de soin par le réseau SESAM-Vitale semble bien loin. Oubliée la contestation face à cette numérisation forcée, à la fin des années 1990. Les médecins sont aujourd’hui entrés dans l’ère numérique, et les chiffres d’un sondage IPSOS pour l’Agence française de la santé numérique (Asip Santé) le confirment.

Les libéraux sont plus de 95 % à disposer d’un logiciel informatique pour la gestion des patients, et 94 % des généralistes l’utilisent au quotidien (contre « seulement » 87 % des spécialistes). Dossiers médicaux, télétransmission des feuilles de soin, gestion administrative, impression des ordonnances… Les avantages du numérique semblent les avoir convaincus. Ils y voient notamment des bénéfices sur le parcours de soin (89 %), mais aussi, dans des proportions moindres, sur l’organisation du travail, les traitements et la qualité des soins.

 

Enquête Ipsos pour Asip santé

 

Les services numériques permettent à leurs yeux de diminuer la redondance de certains examens et actes médicaux, d’améliorer la coopération entre la ville et l’hôpital, ou encore de faciliter la remontée d’informations sur des éventuels effets indésirables de médicaments.

Le DPI fonctionne

Les médecins utilisent leur ordinateur, ou même leur tablette et smartphone en déplacement. Plus d’un hospitalier sur dix peut ainsi accéder au Dossier patient informatisé (DPI) à distance. Il s’est d’ailleurs bien installé dans les hôpitaux français. Neuf praticiens sur dix déclarent que leur établissement est équipé pour qu’ils puissent y avoir accès. Mais ce n’est pas le seul service qu’ils plébiscitent.

Les hospitaliers comme les libéraux connectés utilisent les sites d’information médicaux (99 %), une messagerie sécurisée de santé (86 %), ou les outils d’aide au diagnostic et à la prescription (91 %). Ils échangent aussi par courriel avec leurs confrères pour accéder aux résultats d’analyse, transmettre les données de santé des patients et, en retour, suivre les conclusions d’autres médecins, ou même pour demander conseil sur des cas particuliers.

Ils sont également un sur deux à déclarer pratiquer, même rarement, la télémédecine. Preuve que les médecins ne se limitent pas à une utilisation web 1.0, mais sont bien présents dans le web 2.0, le web social. Ils semblent même prêts pour le web 3.0, celui des objets : ils sont six sur dix à utiliser les applications de services patients et les objets connectés. Ils se déclarent aussi prêts, pour 40 % d’entre eux, à utiliser plus les technologies numériques.

Des médecins favorables, mais vigilants

Le bilan tiré par l’enquête semble idyllique, mais les médecins expriment néanmoins des réserves. S’ils sont globalement intéressés, et à l’aise, avec l’évolution numérique de leur profession, ils sont presque 40 % à se déclarer inquiets de l’impact qu’elle pourrait représenter pour la médecine. Ils s’inquiètent notamment de la modification de la nature des relations avec leurs patients, qui pourrait se dégrader, et favoriser la déshumanisation (40 % des généralistes et 44 % des spécialistes).

Mais pas seulement. La rupture de confidentialité, la fuite de données sur la santé de leurs patients, représente pour eux un risque inhérent aux technologies numériques dans l’exercice médical. Ils craignent également que l’inégalité d’accès à celles-ci se traduise par une inégalité d’accès au soins.