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GnRH

Des neurones sexuels retrouvés dans tout le cerveau

Par Antoine Costa

Les neurones spécialisés dans la régulation des fonctions de reproduction sont répartis dans l’ensemble du cerveau, d’après une étude de l’Inserm.

L'hypothalamus (decade3d/Epictura)
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Les quelques travaux effectués sur la souris depuis une vingtaine d’années avaient conclu un débat que l’on croyait clos. Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que les neurones chargés de réguler les fonctions de reproduction, qui naissent dans la zone du nez chez le foetus, migraient au cours du développement vers l’hypothalamus - partie située au coeur du cerveau -, où ils restaient confinées par la suite.

Mais une découverte de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en collaboration avec l’Institut de la vision (Paris), vient contredire cette hypothèse. Des chercheurs de la faculté de médecine de Lille on montré qu’en réalité, ils seraient présents un peu partout dans le cerveau, et que l’hypothalamus ne représenterait qu’une minorité (20 %) de la totalité des neurones impliqués dans la reproduction .

Infertilité et maladies psychiatriques

Ceux-ci produisent une hormone, la gonadolibérine (ou GnRH) qui, à son tour, provoque la sécrétion des hormones LH et FSH qui régulent la maturation des spermatozoïdes, la production des hormones sexuelles (testostérone, progestérone, œstrogènes).

Pour arriver à ces résultats qui contredisent ceux précédemment obtenus, les chercheurs français ont travaillé sur des embryons humains, âgés de 6 à 12 semaines, et issus de dons de parents dans le cadre d’IVG. Ils sont parvenus à rendre les tissus embryonnaires transparents, afin d’observer les interactions entre les cellules du cerveau en formation.

Ils se sont ainsi aperçu que des cellules migraient vers l’hypothalamus, mais aussi vers le cortex, le bulbe olfactif, l’hippocampe et certaines régions du système limbique. Une nouvelle approche qui permettra peut être d’expliquer certaines maladies. « Il existe une imprégnation hormonale durant le développement du cerveau, prénatal et postnatal, dont un dysfonctionnement pourrait être à l’origine de certaines pathologies neurologiques et psychiatriques », explique Paolo Giacobini chercheur en neurosciences et responsable de ces travaux.
Certains troubles de la fertilité proviennent aussi de problèmes de migration de ces neurones. En étudiant plus en profondeur ces migration chez la souris, les scientifiques de l’Inserm espèrent pouvoir mieux étudier le rôle de ces neurones à GnRH.