Publicité

QUESTION D'ACTU

Primaire de la gauche

François de Rugy : "un statut de professionnel de santé de proximité"

Les sept candidats à la Primaire de la gauche répondent aux questions de santé de Pourquoidocteur. Le président du Parti écologiste, François de Rugy, débute la semaine.

François de Rugy : \ TRISTAN REYNAUD/SIPA

  • Publié 16.01.2017 à 18h53
  • |
  • |
  • |
  • |


Après le succès de la Primaire de la droite et du centre (4,4 millions d’électeurs au second tour) qui a couronné François Fillon, c’est au tour de la gauche française d’élire son candidat (les 22 et 29 janvier 2017) pour la présidentielle de 2017. Et un changement est à noter par rapport au précédent scrutin, la santé est au centre des débats. Assurance maladie, hôpital... les Français voulaient en entendre parler, ils sont servis.

Mais à quelques jours du troisième débat télévisé (1), Pourquoidocteur souhaite élargir la liste des sujets médicaux à aborder (cannabis, environnement, etc). Notre série d'entretiens avec les sept candidats à la Primaire de la Belle Alliance populaire débute la semaine avec François de Rugy. Le vice-président de l'Assemblée nationale prétend que « L'Ecologie c'est de Rugy ». Dans son programme pour 2017, il promet aussi « La France de tous les progrès ». Ce slogan ambitieux concerne-t-il la santé ? Réponse.

 

La collectivité ne pourra plus prendre en charge le coût des médicaments innovants. Doit-on consacrer un budget spécifique à la prise en charge de ces thérapies, et comment le financer ?
François de Rugy
 : Cela relève de la solidarité nationale, donc de l'Assurance maladie qui pourrait en cas de besoin être soutenue par une subvention très encadrée de l'Etat, après convention avec les sociétés pharmaceutiques de façon à vérifier que les coûts sont strictement maîtrisés. 

 

Gros et petit risque  
Le principe de la protection sociale égale pour tous face à la maladie doit être réaffirmé.


Pour assurer la prise en charge des dépenses de santé, faut-il limiter les remboursements obligatoires aux maladies lourdes et/ou chroniques (panier de soins), ou plutôt agir sur le financement en élargissant l’assiette des prélèvements (par exemple avec la CSG) ?
François de Rugy : 
Le principe de la protection sociale égale pour tous face à la maladie doit être réaffirmé. La répartition entre Assurance maladie et mutuelles doit être maintenue sans être modifiée comme le propose François Fillon. Je suis par ailleurs favorable à ne pas faire porter tout le financement de la protection sociale sur les salaires en poursuivant le basculement progressif vers la CSG amorcé par Michel Rocard et amplifié par Lionel Jospin. Ainsi, je propose que le financement de la branche famille de la sécurité sociale soit ainsi assuré, en excluant les chômeurs et les petites retraites. Pour les salariés, il s’agira, compte tenu de l’augmentation de leur salaire net, d’une opération positive. Les allocations familiales seront ainsi financées par une contribution dont l’assiette, plus large, comprend tous les revenus, y compris ceux du capital.

L’hôpital doit à la fois concilier l’excellence médicale avec ses missions sociales. Compte tenu des contraintes budgétaires, la tarification à l’activité (T2A) vous paraît-elle adaptée à cette double exigence ?
François de Rugy : Oui, si les missions sociales sont elles aussi cotées dans le cadre de la "T2A" qui doit permettre une comptabilité plus transparente des prestations hospitalières, publiques, privées à but lucratif ou non-lucratif (cliniques mutualistes).

 

Déserts médicaux
Je soutiens le desserrement du numerus clausus dans les facultés de médecine... 


Un généraliste sur quatre ne sera pas remplacé d’ici 2025. Comment comptez-vous lutter contre les déserts médicaux ?
François de Rugy : Je soutiens le desserrement du numerus clausus dans les facultés des médecine mais cela mettra près de 10 ans (temps de formation des médecins) pour commencer à faire sentir ses effets. C'est pourquoi je propose la création du statut de professionnel de santé de proximité. Un master médical ouvert aux professionnels de santé ayant au moins dix ans d’expérience sera créé. En contrepartie de la prise en charge financière des études par l’État, obligation sera faite aux diplômés de s’installer sur des territoires où des départs à la retraite de médecins non remplacés sont enregistrés.

 

Cannabis
Il faut effectivement dépénaliser l'usage du cannabis...


La France est la championne d’Europe de la consommation de cannabis. C’est aussi le pays qui a la loi la plus prohibitive. Faut-il dépénaliser l’usage et l’Etat doit-il organiser la production et la distribution de cannabis ?
François de Rugy 
: Il faut effectivement dépénaliser l’usage du cannabis, dans le cadre d’un contrôle étatique. Dans les 18 mois suivant l’élection présidentielle une nouvelle législation sera adoptée. Elle devra comprendre trois volets : sanitaire, sécuritaire et économique. Elle intégrera une exclusivité de la commercialisation du cannabis sur le modèle des débits de tabac. Toute vente en dehors de ce réseau contrôlé demeurera illégale. Ce dispositif sera valable cinq ans- le temps d’en mesurer les effets - période à l’issue de laquelle soit une loi tirant les leçons de l’expérience et en corrigeant les éventuels effets pervers constatés serait adoptée, soit on reviendrait à la législation actuelle.

Dans un manifeste, des médecins français ont reconnu avoir aidé des couples lesbiens et des femmes seules à recourir à la PMA à l’étranger. Peut-on continuer à la réserver aux couples hétérosexuels ?
François de Rugy : Pour des projets parentaux facilités pour toutes, je soutiens une ouverture de la PMA à toutes les femmes. Aujourd’hui, elle est ouverte aux femmes en couple hétérosexuel en situation de stérilité, la procréation médicalement assistée avec donneur anonyme sera disponible pour tous les couples, y compris les couples de femmes. Aucune discrimination ne sera établie pour sa prise en charge par les assurances sociales.

 

Environnement 
L'objectif est que la France vise des ventes de voitures neuves 100 % électriques ou hybrides-électriques en 2025.


Quelle serait la première mesure concrète que vous adopteriez pour limiter les effets néfastes de la pollution dans notre vie quotidienne ? Et à quelle échéance ?

François de Rugy :  La première mesure sera de mettre en plan pluriannuel « transports 0 % carbone en 2025 » qui fixera des étapes : dès 2018, les grandes agglomérations auront les outils législatifs et réglementaires pour limiter la circulation des véhicules diesel, dont la commercialisation sera proscrite en 2025. L’objectif est que la France vise des ventes de voitures neuves 100 % électriques ou hybrides-électriques en 2025. 
Il est important que le soutien financier au véhicule électrique soit maintenu pendant la période de transition et que des avantages spécifiques soient octroyés aux voitures sobres et à l’autopartage (stationnement, tarif d’autoroutes, voies réservées).

(1) Jeudi 19 janvier : troisième débat des Primaires citoyennes. Les 7 candidats, Jean-Luc Bennahmias, François de Rugy, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel et Manuel Valls débattront à 20h55 sur France 2 et Europe 1.

Ce sujet vous intéresse ? Venez en discuter sur notre forum !

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

Publicité

LES MALADIES

J'AI MAL

Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES

Publicité