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En agissant sur l'endomètre

Fausse couche : la progestérone réduirait le risque

Par Anne-Laure Lebrun

La fausse couche complique la grossesse d'environ 1 femme sur 5. La prise régulière de progestérone pourrait prévenir cette complication et notamment les pertes récurrentes.

alexraths/epictura

La progestérone pourrait aider les femmes victimes de fausses couches récurrentes, rapporte une étude américaine publiée dans le journal scientifique Fertility and Sterility. Des conclusions qui confirment les bienfaits de cette hormone féminine essentielle au bon déroulement d’une grossesse.

Cette molécule est, en effet, utilisée depuis longtemps chez les femmes à risque de fausses couches car elle joue un rôle clé dans la préparation de l’utérus en vue de l’implantation de l’embryon et le maintien de la grossesse. En outre, plusieurs études ont montré que la déficience en progestérone en début de grossesse pouvait être l’une des causes d’un avortement spontané.

Cette complication concerne entre 15 et 20 % des femmes. Certaines d’entre elles font face à des pertes répétées de manière inexpliquée. C’est pour cette raison que les chercheurs de l’université de Yale, en collaboration avec leurs collègues de l’université de l’Illinois (Etats-Unis) se sont penchés une nouvelle fois sur l’utilisation de la progestérone chez des femmes ayant vécu au moins deux fausses couches.


Eviter les déficits de progestérone

Ainsi, les scientifiques ont suivi 116 femmes entre 2004 et 2012. La moitié d’entre elles a reçu une faible dose de progestérone par voie vaginale à partir du 3ème jour après le pic d’évolution, les autres ont reçu un placebo. Pour choisir quelles participantes allaient recevoir le traitement, les chercheurs ont utilisé un test développé pour évaluer les chances de procréation chez les femmes souffrant d’infertilité. Celui-ci mesure la concentration d’une protéine présente dans l’endomètre appelée cycline E. Si cette dernière est élevée, le traitement était prescrit, sinon le placebo était donné.

Au terme de l’étude, les résultats suggèrent que les femmes ayant reçu de la progestérone ont vu leurs chances d’avoir un enfant passer de 6 % à 69 %. L’étude précise également que les taux de cycline E se sont normalisés chez ces femmes.


Nourrir l'embryon

Les chercheurs pensent que la progestérone favorise la production de plusieurs substances par l’endomètre indispensables à l’implantation de l’embryon. « L’endomètre nourrit le bébé jusqu’à 8 semaines. La circulation sanguine de la mère prend ensuite le relai vers la 9ème et 10ème semaines », explique Harvey Kliman, du département de gynécologie-obstétrique et de médecine reproductive de Yale.

Ainsi, en l’absence de progestérone en quantité suffisante, cette nutrition au cours des premières semaines de grossesse ne peut pas se mettre en place. « Chez les femmes victimes de fausses couches récurrentes, nous supposons que leurs embryons meurent littéralement de faim. Ils s’attachent à l’utérus, mais ne reçoivent pas assez de nourriture. Mais lorsque que vous donnez de la progestérone à ces femmes, l’endomètre sécrète plus de nutriments et prévient les pertes de grossesse », conclut le chercheur. L’équipe de recherche espère maintenant valider leurs résultats en menant un nouvelle essai clinique.