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Brûlures d'estomac

Grossesse : les IPP associés à plus d'asthme chez l'enfant

Par Anne-Laure Lebrun

Les enfants dont les mères ont pris des anti-acides au cours de la grossesse auraient un risque accru de 30 % de développer de l’asthme en grandissant. 

AndreyPopov/epictura
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Brûlures d’estomac, reflux gastriques… Ces maux concernent près de la moitié des femmes enceintes. Pour les calmer, certaines optent pour des remèdes naturels. Mais dans certains cas, le médecin devra prescrire des antiacides. Des médicaments qui favoriseraient le développement de l’asthme chez les enfants exposés in utero, à en croire une étude publiée dans Journal of Allergy and Clinical Immunology.

Ces troubles de l’estomac sont très fréquents chez les futures mères en raison du bouleversement hormonal et la pression effectuée sur l’estomac par l’utérus. Les antihistaminiques H2 ou les inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) sont prescrits aux femmes enceintes quel que soit le terme de la grossesse. « Les données publiées chez les femmes exposées en cours de grossesse sont très nombreuses et rassurantes », indique en effet le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (Crat). Néanmoins, un lien entre asthme et allergies chez les enfants exposés in utero est mis en évidence par plusieurs travaux scientifiques.

Les chercheurs de l’université d’Edimbourg (Ecosse) et de Tampere (Finlande) ont ainsi souhaité étudier à nouveau cette association en analysant 8 études rassemblant plus de 1,3 million d’enfants. Les dossiers médicaux des mères et des enfants suggèrent que ceux exposés aux antiacides au cours de la grossesse ont au moins 30 % plus de risques que les autres de présenter des symptômes d'asthme.


Continuer les traitements

« Notre étude rapporte une association entre le déclenchement de l’asthme chez les enfants et l’utilisation d’antiacide chez les mères au cours de la grossesse. Il est très important de souligner que cette association ne prouve pas que ces médicaments soient la cause de l’asthme, et des travaux supplémentaires seront nécessaires », insiste le Pr Aziz Sheikh de l’université d’Edimbourg.

Ainsi, les auteurs se veulent rassurants et assurent que les femmes enceintes souffrant de reflux gastriques peuvent continuer à prendre leur traitement. Si les symptômes persistent, mieux vaut consulter à nouveau son médecin, précisent-ils.