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Tourcoing

Fausse couche : une caissière dénonce la responsabilité d'Auchan

Une jeune femme, victime d'une fausse couche sur son lieu de travail, estime que son employeur s'est rendu coupable de négligence.

Fausse couche : une caissière dénonce la responsabilité d'Auchan Tzido/epictura

  • Publié 27.12.2016 à 17h42
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A Tourcoing, dans le Nord, la caissière d’un supermarché Auchan a été victime d’une fausse couche sur son lieu de travail, dans des conditions particulièrement difficiles. La jeune femme, âgée de 23 ans, estime que l’enseigne possède une responsabilité dans ce drame, et a demandé au Comité d'hygiène et de sécurité de l'entreprise (CHSCT) de diligenter une enquête - une demande à laquelle l'union locale CGT a apporté son soutien.

"Aucune considération"

« Quand la caissière a annoncé à sa chef qu'elle était enceinte, il n'y a eu aucune prise en considération de ce changement. A plusieurs reprises, elle s'était manifestée auprès de ses responsables sur des douleurs, mais il n'y a personne qui a réagi », a déploré Habib Hamdoud, délégué syndical CGT à Auchan City, lors d'une conférence de presse à l'Union locale de Tourcoing.

Le 22 novembre, cette jeune femme de 23 ans, en contrat de professionnalisation dans le magasin depuis le 1er novembre, a ressenti de « violentes douleurs ». Elle aurait alors prévenu ses responsables, demandé à plusieurs reprises d’aller aux toilettes, mais n’en aurait pas obtenu l’autorisation.

« J'ai continué à travailler, mais à un moment, j'en pouvais plus, alors j'ai pris la décision de fermer la caisse, relate la caissière alors enceinte de trois mois, citée par l’AFP. Quand je me suis levée, j'ai vu que mon fauteuil était blindé de sang (…), je suis allée aux toilettes, j'étais un robinet de sang ».

"Aménagements de planning"

Dans un communiqué, l’entreprise affirme au contraire que la salariée n'avait pas sollicité de pause et qu’elle a rapidement été prise en charge après avoir alertée sur sa situation. A Radio France, la jeune fille a assuré que personne au sein de l’entreprise n’avait pris de nouvelles d’elle.

Par ailleurs, quand elle a découvert sa grossesse et en raison de « malaises et vomissements » fréquents, elle aurait demandé à sa direction quelques « aménagements de planning » afin de se rendre « de temps au temps, aux toilettes », a-t-elle expliqué à l’Express. « Mon médecin m'a dit qu'il fallait faire attention, parce que j'ai déjà fait une fausse couche ». Son emploi du temps prévoit 20 minutes de pause pour sept heures de travail, à prendre en une seule fois, précise-t-elle.

Dans un courrier adressé à la direction d'Auchan City daté du 20 décembre et dont l'AFP a obtenu copie, la caissière écrit avoir été « meurtrie » par « cette absence manifeste d'empathie et de compassion » de sa direction. Elle lui demande de remplir « une attestation d'accident du travail ».

Une plainte dans les prochains jours

« Une plainte devrait être déposée dans les jours à venir » par la caissière, a affirmé Me Ioannis Kappopoulos, l'avocat de la CGT. Dans ce même supermarché, une caissière avait été licenciée en juillet pour, selon la CGT, « un préjudice de 85 centimes d'euros », puis finalement réintégrée.

La fausse couche spontanée est un événement relativement fréquent, qui survient en moyenne dans 15 % des grossesses. De nombreux facteurs de risques ont été dégagés, d’ordre génétique, environnemental (substances chimiques, tabagisme…). La fatigue et le stress maternel semblent également associés à un surrisque de fausse couche au premier trimestre, même si la relation reste à ce jour peu documentée.

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