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Rapport de l’Anses

Alimentation : le lait de vache n’est pas adapté aux bébés

Par Julie Levallois

Non au lait de vache dans le biberon des tout-petits. Avant un an, il n'est pas adapté à leurs besoins. Il expose également à plus de polluants selon l'Anses.

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Les assiettes des petits Français n'échappent pas aux polluants. Mais avant cela, ce sont leurs biberons qui sont exposés à des substances variées. Dans sa dernière enquête sur l’alimentation des moins de 3 ans, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) tire la sonnette d’alarme. Elle rappelle notamment les règles sur l’alimentation à base de lait des nourrissons. « Seuls le lait maternel ou les préparations infantiles permettent de couvrir les besoins du nourrisson », martèle l’Agence.

Plus de polluants

Jusqu’à 6 mois, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande l’allaitement maternel exclusif. D’autres aliments peuvent ensuite être introduits, en alternance avec le lait de la mère. Des conseils clairs mais pas toujours respectés. 14 % des enfants ont consommé du lait dit courant, donc d’origine animale, au cours de l’étude. Parmi eux, la moitié le buvait de manière exclusive.

Or, avant l’âge d’un an, le lait animal n’est pas adapté aux besoins nutritionnels de l’enfant. Non seulement il ne comble pas la demande, mais il peut en plus provoquer des troubles digestifs. Ça n’est pas tout : l’exposition aux polluants est aussi plus élevée lorsque les tout-petits ont consommé du lait courant. Les taux de PCDD/F – une dioxine – et le PCB – un produit chimique – sont deux à six fois plus élevés selon les âges et les produits.


Source : Anses

 

Attention à l’eau du robinet

Les laits végétaux (dont soja) ne font pas mieux : ils ne couvrent absolument pas les besoins nutritionnels. Mais c’est surtout l’utilisation de l’eau qui attire l’attention de l’Anses. En effet, les femmes françaises sont peu nombreuses à allaiter (30 % à 4 mois). En guise de substitutions, elles utilisent le plus souvent du lait maternisé en poudre. Pour le reconstituer, il faut donc de l’eau.

Comme le précise l’Agence, « l’eau est un contributeur à l’exposition à certaines substances (antimoine, argent, arsenic, baryum, plomb et strontium ». Pour celle puisée au robinet, les concentrations peuvent varier selon les régions et l’âge des canalisations. Une attention particulière doit être portée aux concentrations en plomb dans les logements anciens. Quant aux eaux minérales, il suffit de se référer à l’étiquette : celles adaptées à l’alimentation du nourrisson l’affichent fièrement.