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Rapport de l'Anses

Alimentation : réduire les métaux lourds dans l’assiette des enfants

Par Audrey Vaugrente

De l’arsenic, du cadmium et des mycotoxines sont présents dans les aliments destinés aux plus jeunes. L’Agence de sécurité sanitaire conseille de varier le régime après 6 mois.

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La pollution environnementale atteint aussi nos têtes blondes. Avant l’âge de trois ans, les enfants sont exposés à de plusieurs substances potentiellement dangereuses. Le rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), publié ce 28 septembre, se montre dans l’ensemble plutôt rassurant. Pour 90 % des substances analysées, les taux d’exposition sont maîtrisés et ne présentent pas de risque pour la santé des jeunes Français. Mais pour 16 produits, les niveaux relevés sont élevés.

Une contamination environnementale

L’Anses n’a pas lésiné sur les moyens pour cette étude : elle a passé en revue l’intégralité de l’alimentation destinée aux enfants de moins de 3 ans et les substances qu’elle peut contenir, 670 au total. Le bilan fait état d’une « bonne maîtrise sanitaire », selon les mots de l’Agence. Par exemple, aucun résidu de pesticides n’a été découvert. Mais dans le détail, la présence de 16 produits doit être réduite. Pour 9 d’entre eux, des métaux lourds et des polluants organiques persistants, il s’agit d’une priorité.

Le cœur du problème réside dans l’origine de ces substances indésirables. Hormis les composés néoformés (acrylamide, furane), la contamination est souvent environnementale – soit de manière naturelle, soit à cause de l’homme. Les risques, eux, sont encore mal identifiés.

Source : Anses

Une alimentation variée

L’Agence de sécurité sanitaire recommande donc de limiter les niveaux d’exposition de plusieurs manières : une meilleure maîtrise des rejets environnementaux de la part des industriels, mais aussi plus de rigueur vis-à-vis des seuils réglementaires. Les foyers sont eux aussi appelés à agir en amont, en respectant strictement le Programme National Nutrition Santé (PNNS). Ce document développe les étapes de la diversification alimentaire des enfants, « à partir de 6 mois de façon optimale et dans tous les cas, jamais avant 4 mois révolus », rappelle le rapport.

L’introduction à d’autres aliments que le lait maternel est en effet la première source d’exposition à ces polluants. « En quittant le régime strictement lacté, les enfants sont en effet plus exposés, et à plus de substances », souligne l’Anses. Biberons, petits pots mais aussi légumes et poissons contiennent des substances diverses. Des sources très différentes qui justifient le deuxième conseil de l’Agence : une alimentation équilibrée, et donc variée, permet de limiter la contamination des enfants. Deux portions hebdomadaires de poissons sont ainsi recommandées, et les légumes doivent être mêlés à d’autres aliments. C’est, en outre, l’occasion d’assurer les apports en minéraux essentiels, comme le zinc ou le calcium.

Source : Anses