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Cancer de la thyroïde : des spécialistes dénoncent les surdiagnostics

L’épidémie de cancer de la thyroïde observée dans les pays développés depuis 20 ans serait en réalité liée à un surdiagnostic.

Cancer de la thyroïde : des spécialistes dénoncent les surdiagnostics alexraths/epictura

  • Publié 19.08.2016 à 17h44
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C’est une affaire dont il faudra certainement tirer les enseignements. Depuis les années 1980, on s’alarme dans les pays développés de ce qui semble être une épidémie de cancers de la thyroïde. Un phénomène en trompe-l’œil, si l’on en croit la dernière publication du New England Journal of Medicine, produite par le Centre International de Recherches contre le Cancer, organe onusien basé à Lyon.

Dans ces travaux, les auteurs montrent ni plus ni moins que la majorité des cancers thyroïdiens observés dans les pays développés au cours des deux dernières décennies n’en seraient en fait pas. Ils seraient liés à un surdiagnostic massif, qui concernerait un demi million de patients (470 000 femmes et 90 000 hommes), opérés et traités à tort, donc.

70 % à 80 % de surdiagnostic en France

Douze pays développés sont concernés par ce surdiagnostic de grande ampleur (Australie, Danemark, Angleterre, Finlande, France, Italie, Japon, Norvège, République de Corée, Écosse, Suède et États-Unis), à des taux variables selon les régions. En Corée du Sud, par exemple, le phénomène concernerait 90 % des patients diagnostiqués entre 2003 et 2007. En Australie, en France, en Italie ou encore aux États-Unis, le surdiagnostic est évalué entre 70 et 80 %, et à 50 % pour le Japon et les pays nordiques.

Ces chiffres ahurissants sont liés à l’introduction de l’échographie dans ces pays, dans le cadre de dépistages organisés. Les nouvelles techniques d’imagerie ont permis de détecter les plus petits nodules dans l’organisme. Sauf que ces petites tumeurs ne seraient en réalité que des micro-cancers de type papillaire, dont le pronostic est excellent, avec une survie proche de 99 % à 20 ans.

Débaptiser ces micro-cancers

Des spécialistes tirent la sonnette d’alarme depuis quelques années, préconisant une surveillance rapprochée à la place d’un traitement agressif délivré d’emblée pour ces petites tumeurs à faible risque de progression. Pourtant, « la majorité des cancers surdiagnostiqués ont été traités par des ablations complètes de la thyroïde, souvent associées à d'autres traitements nocifs comme l'ablation des ganglions du cou ou la radiothérapie, sans bénéfices prouvés en terme d'amélioration de la survie », précisent les auteurs, cités dans le communiqué du CIRC.

A en croire les experts, ces microcancers devraient porter un autre nom afin de dédramatiser le diagnostic et permettre aux patients qui le souhaitent d'opter pour une simple surveillance. « Il est crucial d'avoir plus de données de recherche pour évaluer les meilleures approches face à l'épidémie de cancers de la thyroïde et éviter des préjudices inutiles pour les patients », concluent les auteurs.

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