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Alerte d’experts américains

Cancer de la thyroïde : le sur-diagnostic pousse aux traitements injustifiés

Les progrès du dépistage permettent de détecter des nodules thyroïdiens de plus en plus petits. Mais ils conduisent aussi à des biopsies, des traitements voir des ablations superflues de ces lésions peu évolutives.

Cancer de la thyroïde : le sur-diagnostic pousse aux traitements injustifiés EFREM LUKATSKY/AP/SIPA

  • Publié 01.09.2013 à 08h31
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Le problème se posait déjà pour les cancers du sein et de la prostate, il concernerait désormais aussi celui de la thyroïde. Les nouvelles techniques de dépistage permettent de déceler les nodules thyroïdiens de plus en plus petits, ce qui conduirait le corps médical à surdiagnostiquer et à surtraiter des lésions qui n’auraient finalement pas évolué en cancer. Dans un article publié cette semaine dans le British Medical Journal, une équipe américaine d’endocrinologie de la Mayo Clinic évoque des nodules de 2 mm de diamètre désormais dépistables par échographie, IRM ou CT-scan. Or, on ne retrouve en général de cellules malignes que chez 10% des patients présentant des nodules. De plus, même lorsqu’il s’agit de nodules cancéreux d’un diamètre inférieur à 20 mm, le taux de survie à 20 ans est de 99% car ce type de lésion a une évolution lente chez les personnes sans antécédents familiaux de cancers thyroïdiens ou d’irradiation.

 

3 patients sur 4 optent pour la chirurgie

« Alors qu’elles pourraient faire l’objet d’une simple surveillance, la découverte de ces petites lésions conduit pourtant généralement à des traitements intensifs », regrettent les auteurs. Aux Etats-Unis, les thyroïdectomies, les ablations de la thyroïde, ont ainsi progressé de 60% entre 1996 et 2006. L’équipe de la Mayo Clinic cite une étude menée entre 1993 et 2004 aux Etats-Unis qui montre que moins d’un quart des patients atteints de ce type de petite lésion cancéreuse de la thyroïde choisissaient la surveillance lorsque leur médecin leur proposait l’alternative surveillance ou chirurgie. Or l’ablation de la thyroïde comporte des risques de complications et oblige ensuite à vivre avec un traitement quotidien. Pour éviter la peur du mot cancer, les auteurs conseillent aux médecins de parler plutôt de « lésions peu évolutives », permettant ainsi à leurs patients d’opter plus sereinement pour la surveillance.

 
Trop de biopsies superflues

Une autre étude américaine publiée en début de semaine dans la revue spécialisée JAMA Internal Medecine pointe un recours trop fréquent aux biopsies de la thyroïde. Ces chercheurs californiens recommandent de réaliser des biopsies exclusivement si l'échographie révèle des microcalcifications ou lorsque le diamètre des nodules excède 2 cm et qu'ils sont complètement solides. « Les autres sont des anomalies dont risque évolutif est trop faible pour justifier une biopsie ou même une surveillance active », selon ces auteurs.


Ces experts américains confortent ainsi l’Assurance Maladie française. En juillet, le rapport sur les charges et produits pour 2014 de la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) critiquait la progression des ablations de la thyroïde. Selon ce bilan, en 2010, les cancers de très petite taille représentaient 40% des cancers opérés.

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