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UFC-Que Choisir

Accès aux soins : les inégalités se sont renforcées en 4 ans

Pédiatres, gynécologues, ophtalmologues... L'accès à ces médecins est difficile en France pour des millions de personnes. L'UFC-Que Choisir publie une carte des déserts médicaux.

Accès aux soins : les inégalités se sont renforcées en 4 ans jovannig/epictura

  • Publié 29.06.2016 à 13h26
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« Habitez-vous dans un désert médical ? » C’est la question que pose l’UFC-Que Choisir aux Français ce 29 juin. Il faut dire que les plaintes sur la difficulté d’obtenir un rendez-vous sont fréquentes. Afin d’éclaircir les choses une fois pour toutes, l’association d’usagers publie une carte d’accès aux soins. Chacun peut y renseigner sa ville de résidence. Des informations sont alors délivrées sur la qualité de l’offre en médecins libéraux généralistes, pédiatres, gynécologues ou ophtalmologues.

Des déserts en ville

Avant de livrer cette carte, UFC-Que Choisir a analysé de manière exhaustive la répartition des médecins en France. Quatre spécialités ont été passées au crible. Les déserts médicaux ne sont pas toujours ceux qu’on pense, au vu des résultats. Les zones montagneuses et rurales sont durement touchées, mais l’Île-de-France contient aussi de nombreuses zones de tension.

Sur l’ensemble du territoire, 14,6 millions de personnes vivent dans une zone où les médecins généralistes manquent. L’accès aux pédiatres est encore plus difficile : 21,1 millions de Français ne peuvent pas obtenir un rendez-vous dans une zone raisonnable de 30 km.

« Lorsqu’on cherche à se soigner sans dépassement d’honoraires, c’est plus de 8 Français sur 10 qui n’ont pas suffisamment d’ophtalmologistes ou de gynécologues autour de chez eux ! » résume l’association.



Des mesures inefficaces

Depuis le dernier bilan de l’UFC-Que Choisir, qui date de 2012, la situation s’est dégradée pour un nombre non négligeable de Français. Pour un quart d’entre eux, l’accès à un généraliste à moins de 30 minutes s’est détérioré. Chez les ophtalmos, pédiatres et gynécologues, le constat n’est pas plus positif : 40 à 50 % des praticiens sont moins accessibles. Lorsque les tarifs sont conventionnés en secteur 1 – c’est-à-dire sans dépassement d’honoraires –, c’est encore pire. L’offre a reculé pour un usager sur deux.

Pour l’UFC-Que Choisir, l’explication comporte deux branches. D’abord, la répartition des professionnels de santé sur le territoire n’est pas assez homogène, y compris au niveau départemental. « Les mesures de ‘saupoudrage incitatif’, qui visent à inciter financièrement les médecins à s’installer dans les zones sous-dotées, prouvent ici leur criante inefficacité », tranche l’association.

Le contrat d’accès aux soins, qui régule les pratiques tarifaires depuis 2013, ne s’avère pas plus probant : le tarif moyen d’une consultation chez les spécialistes a bondi. Ce sont les pédiatres qui remportent la palme dans ce domaine. L’inflation ne suffit pas à expliquer ce phénomène. Conclusion pour l’UFC-Que Choisir : le contrat d’accès aux soins « n’aura permis d’éviter que 59 millions d’euros de dépassements, sur un total de 2,46 milliards d’euros. » L’association demande donc la fermeture du secteur 2 et un conventionnement des médecins dans les zones déjà bien desservies. Toute nouvelle installation provoquerait un classement systématique en secteur 1.

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