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Pesticides

Greenpeace : une campagne qui laisse des traces

Par Stéphany Gardier

Pour dénoncer la présence de pesticides sur les fruits et légumes, l'ONG a distribué des jus à plusieurs rédactions. La fermentation a fait exploser les bouteilles.

S.Gardier/PourquoiDocteur
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Les fruits vendus par certains supermarchés seraient pleins de pesticides selon Greenpeace, mais l’ONG a oublié que les végétaux incriminés n’étaient pas encore pourvus de conservateurs. Et ce sont les journalistes de plusieurs rédactions – dont Pourquoidocteur – qui en ont fait les frais, découvrant ce lundi leurs bureaux souillés de tâches pour le moins suspectes. Retour sur ce qui agite depuis le début de matinée les réseaux sociaux, et qui pourrait bien  devenir le « juice gate ».

 

Greenpeace a lancé en fin de semaine dernière une nouvelle opération de communication afin de sensibiliser les journalistes des rubriques sciences, santé, ou environnement sur la présence de pesticides dans de nombreux fruits et légumes vendus par l’enseigne Leclerc. L’ONG a ainsi fait livrer – par coursier – de charmants petits sacs en papier kraft contenant… un « jus multipesticides » ! Munie d’un autocollant « à ne pas consommer » et d’une tête de mort (!), la bouteille comportait aussi un petit texte rappelant les méfaits des pesticides sur la santé.

 

Les lois simples de la chimie...

Thiabendazole, oxamyl, endosulfan, chlorpyrifos : autant de substances dont Greenpeace explique dans un prospectus qu’elles polluent nos jus, avec un effet cocktail dans les produits associant plusieurs fruits. S’ils ont l’air experts en chimie organique, les chargés de la communication de l’ONG semblent pourtant avoir séché les cours sur la fermentation. A moins qu’ils ne consomment que des produits pasteurisés ou avec des conservateurs ?

Restés dans les rédactions tout le week-end, les fameux jus « multi-pesticides » ont en effet fermenté, produisant une quantité de gaz suffisante pour tout simplement faire exploser les bouteilles, et projeter leur contenu nauséabond à plusieurs mètres. Plusieurs journalistes ont posté des photos des dégâts sur les réseaux sociaux, déclenchant de nombreuses réactions. Si certains dénoncent avec humour des « bombes vegan », d'autres proposent que Greenpeace « fournisse les manifs ». Notre confrère d'allodocteurs.fr évoque, lui, le « cocktail melon-tov »…

 

 

Une distribution grand public prévue

Contactée par Pourquoidocteur, la chargée de communication de Greenpeace n’a pu que déplorer la « boulette ». L’ONG s’est d’ores et déjà engagée à payer les frais de nettoyage et pressing. Mais la situation est plus compliquée pour les journalistes ont eux perdu des documents importants.

On peut cependant se réjouir que les journalistes aient « essuyé les plâtres » de cette campagne de communication. Le flyer de Greenpeace stipule en effet qu’il était prévu d’aller, dès la fin du mois de juin, et sur trois week-ends « à la rencontre des consommateurs afin de les informer sur les pratiques de Leclerc, en distribuant des bouteilles de jus multi-pesticides » ! Espérons que d'ici là, Greenpeace aura révisé ses cours de chimie...