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Crise cardiaque, AVC, amputation...

Diabète : les patients nés dans les années 1940 vivent mieux

Par Julian Prial

Une étude montre que les Américains atteints de diabète, nés dans les années 40, vivent plus longtemps et avec moins d'incapacités que les malades nés 10 ans plus tôt. 

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C'est une nouvelle rassurante pour les 4 millions de malades du diabète que compte la France. Une étude américaine montre en effet que les Américains atteints de diabète, nés dans les années 40, vivent plus longtemps et avec moins d'incapacités que ceux qui sont nés 10 ans plus tôt. Des données encourageantes publiées dans la revue The Lancet Diabetes & Endocrinology

Relayés par le site santélog, ces travaux menés par les CDC d'Atlanta (Géorgie) ont analysé l’évolution du nombre d’années de vie avec et sans handicap sur un échantillon d’adultes américains nés dans les années 1940 vs 1930. Les participants étaient âgés de 50 à 70 ans et 1 367 étaient diabétiques et 11 414 en bonne santé.

Moins d'AVC et d'amputations 

Les scientifiques constatent tout d'abord qu'à partir de 50 ans et jusqu’à 70 ans, les adultes vivant avec le diabète présentent une espérance de vie réduite et un nombre d'années avec handicap plus élevé, comparés aux non diabétiques.

Mais cet écart se réduit chez les participants diabétiques nés plus tard (1940 par rapport à 1930). Ils prennent l'exemple d'un homme de 50 ans vivant avec le diabète né dans les années 1940. Ce dernier « gagne » de 0,8 à 2,3 années de vie sans handicap comparé à  une personne diabétique née 10 ans plus tôt.

Enfin, toujours chez cet homme, les incidences annuelles de plusieurs complications liées au diabète sont réduites, dont celles de la crise cardiaque, l’accident vasculaire cérébral, et des amputations.


Vers une inversion de la tendance

Pour expliquer ces bons résultats, l'équipe met en avant les nombreuses interventions menées ces dernières décennies pour aider les personnes à mieux vieillir avec un diabète. Elles ont visé, par exemple, à promouvoir des modes de vie plus sains (sans tabac, sans alcool, etc.) chez ces patients. « Les progrès dans la gestion du diabète (traitements) et des autres maladies chroniques, comme la maladie cardiaque, ont aussi réduit la prévalence des handicaps, notamment vers 70 ans », ajoute Edward Gregg, principal auteur de l’étude.

Pour cette raison, il s'inquiète que la tendance observée ne dure pas. « La population vieillissante est aujourd’hui plus susceptible de développer un DT2 avec notamment l'augmentation des taux d'obésité, une mauvaise alimentation, la prévalence en hausse de l’excès d’alcool et de l'inactivité physique », conclut-il.
Et les Etats-Unis, pays de l’étude, seront peut être les premières victimes de cet inversion. Là-bas, l'incidence et la prévalence du DT2 ont plus que doublé ces 20 dernières années. Plus de 21 millions d'Américains vivent aujourd’hui avec un diabète.

(1) Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies d'Atlanta (Géorgie