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Expiration fin juin

Glyphosate : le vote sur le renouvellement d'autorisation annulé

ENTRETIEN – La Commission européenne a retiré sa proposition de renouvellement d'autorisation du glyphosate dans l'UE. Trop de pays s'opposent à cette mesure.

Glyphosate : le vote sur le renouvellement d'autorisation annulé Chafer Machinery/Flickr

  • Publié 19.05.2016 à 17h09
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Nouveau revers pour le glyphosate. Ce désherbant, développé par le géant Monsanto, était autorisé en Europe pour une durée limitée. Le précieux sésame expire le 30 juin prochain, et une première proposition de renouvellement a été rejetée. Alors que le calendrier se resserre et que les esprits s’échauffent, la Commission européenne s’est à nouveau réunie afin d’examiner une seconde proposition : 7 ans de renouvellement contre 15 auparavant, et un usage réservé aux professionnels.

Mais le Parlement européen a condamné la pratique du green burndown occasionnée par le glyphosate, également soupçonné de provoquer des cancers. La France s’est opposée frontalement à une nouvelle autorisation du produit et a rallié plusieurs pays à ses côtés, dont l’Allemagne, la Suède ou encore l’Italie. Les voix en faveur du renouvellement n’étant plus suffisantes, la Commission a dû retirer sa proposition, se félicite le ministère de l’Ecologie et du Développement durable. Le président de l’association Générations Futures, François Veillerette, se montre lui aussi plutôt satisfait.

De quelles options dispose maintenant la Commission européenne ?

François Veillerette : Plusieurs options s’offrent à elle. Il reste assez peu de temps pour convoquer un nouveau vote, mais c'est une possibilité. Elle peut aussi choisir de laisser courir un certain temps. L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) doit rendre un avis sur le glyphosate d’ici un à deux ans. La Commission peut décider de jouer la montre, ou même de faire une prolongation technique avec cet objectif en tête. J’imagine mal un passage en force, qui provoquerait un tollé auprès des nombreux pays qui s’abstiennent. Cela semble impensable et difficile à justifier.

Comment réagissez-vous à ce retrait de la proposition ?

François Veillerette : Un changement d’avis du Parlement aurait été une mauvaise nouvelle. On peut se réjouir de la fermeté du gouvernement : même Marisol Touraine a pris position, ce qu’elle n’avait jamais fait. Elle a rappelé que quoi qu’il se passe, la France n’autoriserait pas le glyphosate. C’est assez énorme : jamais une telle contestation n’a eu lieu.

Que réclamez-vous concernant le glyphosate ?

François Veillerette : Nous demandons à la Commission qu’elle tienne compte de l’avis du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), qui lie le glyphosate à trois cancers différents. Au vu des nombreuses études épidémiologiques, on peut le classer comme un cancérogène probable. Nous suggérons donc que la Commission prenne acte de cet avis, de la réticence des Etats, et qu’elle abandonne.

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