ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Alcool : la consommation des pères pèse sur le foetus

Alcool : la consommation des pères pèse sur le foetus

Par Stéphany Gardier

Alimentation, activité physique, tabagisme, consommation d’alcool, traitements médicamenteux, exposition à la pollution… La liste des facteurs environnementaux qui peuvent peser sur la santé du fœtus sont nombreux, et les futures mamans le savent bien. Beaucoup sont d’ailleurs inquiètes des conséquences de leur mode de vie passé ou actuel sur l’avenir de leur bébé. Une anxiété qui pourrait de plus en plus être partagée par le futur père, et pas par seule empathie. Les habitudes de vie des géniteurs ont un impact sur la grossesse et l’avenir de la descendance, souligne Le Figaro, qui relate une revue de littérature récemment publiée dans la revue scientifique American Journal of Stem Cells.

 

« Un enfant, cela se fait… à deux ! », rappelle Soline Roy. Une évidence ? Pas si sûr, tant la recherche scientifique s’est focalisée sur la relation mère-fœtus au cours des dernières décennies. Mais ça, c’était avant ! Depuis plusieurs années, les scientifiques accumulent les preuves pour montrer que les habitudes des pères peuvent avoir des conséquences à long terme sur leur progéniture. Des phénomènes mieux compris grâce aux progrès faits en épigénétique. Cette discipline a montré comment des comportements ou l’exposition à certains facteurs environnementaux, voire des traumatismes, peuvent laisser une empreinte durable sur notre ADN. Ces modifications non pas héritées de nos parents, mais bel et bien acquises au cours de la vie, sont pour une part transmissibles.

 

On sait ainsi aujourd’hui que l’âge du père lors de la conception, tout comme ses habitudes alimentaires, peuvent avoir des conséquences sur le fœtus, ou la descendance à l’âge adulte. Mais c’est aussi le cas de la consommation alcoolique des pères.
Alcool et grossesse renvoient souvent au syndrome d’alcoolisation fœtale, induit par une exposition du fœtus à la consommation de sa mère durant la gestation. Certaines études ont ainsi pu montrer que selon les habitudes des pères face à l’alcool, l’expression des gènes du fœtus pouvait être modifiée, explique Soline Roy. Des travaux expérimentaux sur des souris ont eux mis en évidence des problèmes comportementaux parmi la descendance. Les souriceaux nés de pères exposés à l’alcool avant de se reproduire présentaient des difficultés d’apprentissage, ou pour nager, un comportement pourtant inné chez les rongeurs.

Les médecins le soulignent souvent, une grossesse se prépare, et une consultation préconceptionnelle peut être utile pour faire le point, et faire en sorte que la grossesse se déroule dans les meilleures conditions pour la mère et le futur bébé. Il faudra dorénavant songer à inviter les futurs pères à y participer.

 

Première publication : le 17 mai 2016