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Risque de mortalité réduit

Surpoids: des chercheurs fixent l'IMC idéal à 23

Par Audrey Vaugrente

L'indice de masse corporelle idéal se situerait entre 23 et 24. C'est dans cette fourchette que la mortalité précoce est la moins élevée, selon plusieurs travaux.

Whitewolf/epictura

18,5 et 25. Ces deux chiffres forment la fourchette qui indique un indice de masse corporelle sain. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est à l’origine de ces critères, suivis notamment par la France. Une étude parue dans le JAMA remet en question leur bien-fondé : elle conclut qu’un léger surpoids est associé à un risque réduit de mortalité toutes causes confondues.

Ces travaux s’appuient sur le suivi de 120 000 personnes entre 1976 et 2013. Les résultats ont de quoi surprendre puisque l’IMC associé à la moindre mortalité a augmenté au cours de cette période : il est passé de 23,7 à 27 au Danemark, où a été menée l’étude. Un léger surpoids pourrait donc s’avérer bénéfique. « Il est associé à un diabète ou à des maladies cardiovasculaires, concède Guy Fagherazzi, chercheur en épidémiologie nutritionnelle à l’Inserm. Mais certaines études ont mis en évidence une association avec une mortalité relativement faible. »

Une courbe en U

Deux parutions dans le British Medical Journal livrent toutefois des résultats contradictoires. A en croire l’épidémiologiste, mieux vaudrait se fier à leurs conclusions. La première publication est une large méta-analyse qui rassemble 230 études de cohorte menées sur plusieurs continents. Au total, 30 millions de personnes – dont 3,7 millions sont décédées au cours du suivi – ont été analysées.

Cette revue de la littérature confirme le lien entre IMC et mortalité, qui suit une courbe en U : les corpulences les plus faibles et les plus élevées sont associées aux mortalités les plus fortes. Cette observation se maintient quelques soient les indicateurs de santé. « Peu importe que la personne soit fumeuse, non fumeuse, ait une pathologie ou non. La seule différence, c’est le point d’inflexion de la courbe en U », souligne Guy Fagherazzi.

Le surpoids associé à un risque

Selon ces travaux, l’IMC optimal est fixé à 23 ou 24 kg/m2. Il se situe donc la tranche élevée des critères fournis par l’OMS. Les analyses au sein de sous-groupes réduisent le niveau de corpulence idéale : lorsqu’elles sont menées sur le très long terme, la mortalité est la plus basse lorsque l’IMC est situé entre 20 et 22.

De fait, être en surpoids tout au long de sa vie est bel et bien associé à un sur-risque de mortalité par rapport aux personnes qui ont une corpulence faible. C’est ce que montre la deuxième étude parue dans le BMJ.

Ecoutez...
Guy Fagherazzi : « Le message c’est qu’il faut faire attention à la corpulence à tous les âges de la vie, et qu’un gain en IMC est associé à un mauvais pronostic. »


Cette association se maintient aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Mais ces mesures sont basées sur le souvenir des participants, qui ont dû rapporter les différentes corpulences qu’ils ont atteintes au cours de leur existence.