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Obésité infantile : le regard des parents peut peser lourd

Par Ambre Amias

Des chercheurs anglo-saxons ont démontré qu'être conscient des kilos en trop de son enfant ne suffirait pas à freiner sa prise de poids, cela pourrait même être contre-productif.

Kruchenkova/pix-5

Les parents d’enfants obèses ou en surpoids ont souvent du mal à reconnaître que leur progéniture n’a pas un poids normal pour leur âge. Un déni parental qui touche environ la moitié des parents et qui met en danger la santé de ces enfants à court et long terme, selon plusieurs études.

Les scientifiques qui s’intéressent à cette question expliquent que les parents qui sous-estiment la corpulence de leurs enfants ont une vision stéréotypée de l’obésité et du surpoids, notamment véhiculée par les médias qui présentent les formes les plus sévères.

On peut donc supposer que les parents ayant une bonne perception du poids de leur bambin pourront mieux contrôler leur prise de poids, et les encourager à adopter des habitudes saines. Mais à en croire, une étude publiée dans Pediatrics, les enfants dont les parents jugent correctement leur poids vont tout de même grossir.


Le poids des perceptions

Ces travaux menés par l’université de Liverpool (Grande-Bretagne) et l’école de médecine de l’université de Floride (Etats-Unis) ont été réalisés auprès de 3 557 enfants et leurs parents. De leur 4ème année à leur 13ème anniversaire, les chercheurs ont calculé leur IMC et évaluer la perception des parents en prenant en compte l’âge et le genre des petits participants.

L’analyse des données révèle que les enfants jugés en surpoids vont prendre plus de poids que ceux perçus de « poids normal », et ce malgré leur poids et IMC réels. En outre, les chercheurs ont observé que l’évolution du poids des enfants dépend uniquement de la perception des parents qu’elle soit erronée ou non.


Un effet contre-productif

« Contrairement à la croyance populaire, la perception d’un surpoids infantile ne protège pas contre une prise de poids futur, relève le Dr Eric Robinson, du département psychologie de l'Université de Liverpool et responsable des travaux. Au contraire, elle est associée à une prise de poids plus importante durant l’enfance. »

Face à ces résultats inattendus, le chercheur indique que « de plus amples recherches seront nécessaires pour comprendre comment les perceptions parentales peuvent, de manière contre-intuitive, contribuer à l'obésité ».