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Somnolence diurne, apnées,...

Manger gras favorise les troubles du sommeil

Par Julie Levallois

Une alimentation grasse est associée à davantage de troubles du sommeil chez l'homme. Les adeptes des lipides sommeillent en journée, et dorment mal la nuit.

belchonock/Pix5

Des lipides, oui, mais avec modération. Une alimentation trop riche en graisses semble peu compatible avec une bonne qualité de sommeil. C’est ce que suggère une étude menée en Australie, et publiée dans la revue spécialisée Nutrients. Troubles du sommeil la nuit et somnolence le jour sont le lot des personnes qui manifestent une appétence pour le gras.

Cette étude a rassemblé 1 800 hommes âgés de 35 à 80 ans, suivis dans le cadre d’une cohorte sur l’inflammation et le mode de vie. Parmi eux, 41 % piquaient du nez pendant la journée. La moitié des participants dormaient également mal la nuit et bon nombre souffraient d’apnées du sommeil.

Ces troubles sont plus fréquents lorsque ces hommes rajoutent des lipides dans leur alimentation quotidienne. Les chercheurs les ont séparés en quatre groupes, selon ce paramètre, et ont comparé les résultats.

Un cercle vicieux

« Après ajustement des autres facteurs démographiques et du mode de vie, nous avons découvert que les personnes qui avaient les apports les plus riches en graisse étaient plus à risque de somnolence diurne », explique Yingting Cao, co-signataire de l’étude. De fait, le risque relatif est accru de 78 % entre les plus grands adeptes de gras et les moins gros consommateurs. Ce mécanisme pourrait s’expliquer par l’altération des rythmes circadiens au niveau de plusieurs systèmes clé, régulant les hormones, le système nerveux central et le métabolisme.

Les conséquences sur la vigilance et la concentration, y compris sur le lieu de travail, peuvent être lourdes. Mais Yingtin Tao alerte surtout sur le risque qu’un cercle vicieux ne se forme. Une mauvaise qualité de sommeil favorise l’appétence pour les lipides, ce qui favorise l’installation de ces troubles. « Notre message est simple et de bon sens, conclut la chercheuse. Nous devons attirer l’attention des gens sur l’importance de manger mieux et de bien dormir la nuit. » Plus facile à dire qu’à faire…