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Recommandation scientifique

E-cigarette : les usagers doivent guider les décideurs

La e-cigarette est un objet de réduction des risques. Pour être efficaces, les politiques de santé doivent s’inspirer de l’expérience des usagers, recommandent les experts.

E-cigarette : les usagers doivent guider les décideurs 5pix/leszekglasner

  • Publié 18.04.2016 à 19h19
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  • Mise à jour le 18.04.2016 à 20h44
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Eux savent bien ce qu’il faudrait mettre en place pour favoriser la sortie du tabagisme par le biais de la e-cigarette. Eux, ce sont les usagers, à qui l’Audition Publique sur la Réduction des Risques (RdR) consacre une place importante dans ses recommandations publiées ce lundi.

Ces quinze recommandations, rédigées par des spécialistes de l’addiction réunis à Paris le 7 et 8 avril, doivent encore être validées par la HAS (Haute Autorité de Santé) pour pouvoir bénéficier d’un statut officiel. L’une d’entre elles porte sur la e-cigarette, considéré comme un outil de réduction des risques à part entière du fait de sa moindre toxicité par rapport à la cigarette, et du sevrage auquel elle mène parfois.

"Nouvelle approche"

« La cigarette électronique, promue par les usagers et regardée avec méfiance par les scientifiques, s’avère un outil complémentaire de la réduction des risques : 1 million d’utilisateurs en peu de temps, dont une partie non négligeable parvient à réduire significativement la consommation de tabac et les effets délétères de sa combustion », peut-on lire dans le rapport publié sur le site de la Fédération Française d’Addictologie.

Les experts recommandent donc « une nouvelle approche de développement, d’évaluation et de recherche » vis-à-vis de cet outil. Une approche qui doit notamment se fonder sur la notion d’autosupport – à savoir, la prise en compte de l’expérience des usagers et de leurs associations, mieux placées que quiconque pour promouvoir une stratégie de sortie du tabagisme grâce à cet outil.

« Ce n’est pas une simple formule, explique Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction, qui milite activement pour la reconnaissance de la e-cigarette comme instrument de RdR. Le vapoteur est toujours relégué à un rôle de consommateur de tabac, soupçonné de vouloir en faire une promotion déguisée. A chaque fois qu’il y a une mesure anti-tabac en France, la question de la e-cigarette est abordée du bout des lèvres. » La loi santé en est le reflet, elle qui n’aborde la vapoteuse que sous l’angle de l’interdiction.

Ecoutez...
Jean-Pierre Couteron, président de Fédération Addiction : « Les usagers sont blessés car la e-cigarette n’est jamais évoquée dans les RDV anti-tabac. Ca rappelle les soupçons qu’il y avait autour des thérapies de substitution aux opiacés. »

Recommandations d'usagers

Ces demandes, issues des usagers et de leurs associations, elles sont connues. Parmi ces idées, on trouve la charte du vapotage au travail. « Il s’agit de pouvoir vapoter sur son lieu professionnel sans gêner les autres, mais sans être renvoyé au trottoir dans un rôle de fumeur ». Parmi les autres demandes, la possibilité de communiquer autour de l’intérêt de la e-cigarette tout en maîtrisant la publicité, ou encore la sécurisation au travers de normes. « Si le gouvernement veut s’en inspirer, il y a tout un tas de propositions symboliques comme concrètes issues des usagers et des associations ». A bon entendeur…

 

 

 

 

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