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Stimulation transcrânienne à courant direct

Dyslexie : de l’électricité pour mieux lire

Par Caroline Delavault

Délivrer des courants électriques de faible intensité à la surface du cerveau améliorerait la lecture des enfants dyslexiques.

Pix5/SIphotography
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L’électricité permettrait de mieux lire. Une étude italienne vient de démontrer que la stimulation transcrânienne à courant direct (tDCS) permettrait aux enfants dyslexiques de mieux lire. Ces travaux, réalisés à l’Hôpital Bambino Gesù de Rome, et publiés dans la revue scientifique Restorative Neurologie and Neuroscience montrent une nette amélioration des compétences cognitives chez les enfants dyslexiques. 


Une année de gagnée

La tDCS (Transcranial direct current stimulation) est une technique, non-invasive et indolore qui délivre un faible courant électrique à la surface du cerveau grâce à des électrodes disposées à la surface du crâne. Pour cette étude, dix-huit enfants et adolescents se sont portés volontaires. Sur une période de six semaines, ils ont reçu chacun 3 séances de tDCS d'une vingtaine de minutes.

A la fin des sessions de stimulations, les enfants ont montré une amélioration considérable de leur rapidité de lecture. Ils étaient capables de lire des mots inventés pour l’étude 60% plus vite que les enfants n'ayant pas bénéficié de tDCS. Cette augmentation de la vitesse de lecture équivaut pour ses enfants, «  au bénéfice d’une année de scolarité », selon le Dr Deny Menghini, l’un des auteurs de l’étude interviewé par le journal américain The Times.

  

Effets durables

Les chercheurs estiment que cette technique soulagerait significativement la vie des jeunes dyslexiques, condamnés à passer des heures à décortiquer les mots. Autre élément, les enfants qui ont subi les stimulations électriques l’assurent: ils n’ont rien senti. « En terme de courant, nous avons délivré aux enfants un milliampère, ce qui équivaut à la puissance que génère une guirlande de Noël », souligne le Dr Menghini. Il ajoute qu' « il n’y a eu aucun effet indésirable, aucun maux de tête ».
Par ailleurs, l'étude a démontré que six mois après la fin des dix-huit sessions, les fonctions cognitives des enfants étaient toujours améliorées.

Déjà utilisée pour d’autres troubles

La tDCS ne date pas d'hier, elle est utilisée depuis les années 30. Son but : atteindre les zones du cerveaux qui régulent l’humeur, la mémoire ou encore l’apprentissage, à des fins thérapeutiques. Depuis 2011, les études sur la tDCS se multiplient. En 2013, une étude publiée dans la revue JAMA Psychiatry montrait l’amélioration de l'humeur de patients dépressifs après six semaines de tDCS. Idem pour les patients atteints d’Alzheimer, les effets positifs des séances étaient encore visibles quatre semaines après les premières sessions.