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Bypass gastrique

La chirurgie bariatrique après 35 ans réduit la mortalité précoce

Par Audrey Vaugrente

Intervenir chirurgicalement contre l’obésité est efficace après 35 ans. Le bénéfice est d'autant plus marqué quand l'intervention est réalisée à un âge avancé.

DESRUS BENEDICTE/SIPA

La chirurgie de l’obésité est efficace, même à un âge avancé… elle l’est même davantage ! D’après une étude de cohorte parue dans le JAMA Surgery, le bypass gastrique permet de réduire la mortalité à long terme dans les différentes classes d’âges jusqu’à 74 ans. Le bénéfice est particulièrement marqué pour les hommes de 55 à 74 ans.

Une très large base de données appuie ces résultats puisque les auteurs ont suivi des personnes recrutées entre 1984 et 2002 avec une récupération de leur état de santé entre 2012 et 2015. Pas moins de 7 900 patients obèses opérés ont été inclus, et autant pour le groupe contrôle. Les participants ont été répartis en 4 groupes, selon leur âge.

Les femmes défavorisées

« Nous avons supposé que le bypass gastrique à un âge plus élevé réduirait l’efficacité de l’intervention en raison d’une maladie au long cours qui serait plus difficile à inverser après la perte de poids », détaillent les auteurs dans leur publication. Les résultats les ont totalement contredit. En réalité, c’est dans le groupe le plus âgé (55-74 ans) que le plus fort bénéfice en terme de survie s’observe. La mortalité est réduite de 77 % chez les hommes de cette catégorie par rapport au groupe contrôle.

A l’inverse, le bénéfice est bien moindre chez les patients âgés de moins de 35 ans, particulièrement lorsque ce sont des femmes. « Cela suggère que les jeunes femmes en particulier sont une population vulnérable, qui a besoin d’un suivi préopératoire et post-opératoire afin de limiter les causes potentielles de décès », estime Malcolm K. Robinson, du Brigham and Women’s Hospital de Boston (Massachussetts, Etats-Unis) dans un éditorial associé.

Traiter vite

En fait, ce phénomène s’explique par l’âge même des participants : les plus jeunes sont davantage exposés à des causes de décès extérieures, du type empoisonnement ou accident, ce qui fausse les données. Ainsi, le risque passe de +22 % lorsque toutes les causes sont prises en compte à -21 % lorsque les causes externes sont exclues.

Selon les auteurs, ces résultats doivent inciter chaque personne atteinte d’obésité à rechercher une prise en charge dès que possible. De fait, le risque de complications chirurgicales augmente avec l’âge. Et si l’intervention peut inverser la courbe du surpoids et résoudre les troubles métaboliques, l’organisme a déjà été soumis à rude épreuve durant de longues années.

En outre, Malcolm K. Robinson souligne une faille majeure dans la mise au point de l’étude : « Les chirurgiens spécialistes de l’obésité excluent les patients à haut risque, écrit-il. Le groupe qui ne subit pas d’intervention ne fait pas l’objet d’un tel critère d’exclusion et n’était sans doute pas comparable au groupe opéré en terme de poids de la maladie et de sévérité. »

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