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QUESTION D'ACTU

Rapport IGAS

Essai clinique de Rennes : l'IGAS rend son verdict

A quelques heures de la publication du rapport IGAS sur l'essai clinique de Rennes, Pourquoi Docteur revient sur les questions auxquelles l'enquête devra répondre. 

Essai clinique de Rennes : l'IGAS rend son verdict David Vincent/AP/SIPA

  • Publié 04.02.2016 à 11h47
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Un rapport très attendu. Ce jeudi après-midi, le ministère de la Santé va présenter les résultats de l’enquête menée par l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) sur l’essai clinique de Rennes qui a viré au drame. Ce rapport doit faire la lumière sur les circonstances qui entourent l’essai et dégager les responsabilités des différents acteurs, après le décès d’une personne et l’hospitalisation de cinq autres, dont certaines pourraient conserver des séquelles neurologiques à vie.

Poursuite de l'essai malgré une 1ère hospitalisation

Pour rappel, ces personnes participaient à la phase 1 d’un essai clinique réalisé dans les locaux du laboratoire rennais BioTrial, et commandé par Bial, leader pharmaceutique au Portugal. Il s’agissait au cours de cette première étape d’évaluer la toxicité de la molécule BIA 10-2474. L’essai clinique a démarré le 9 juillet 2015 et incluait 128 volontaires sains, hommes et femmes, âgés de 18 à 55 ans. 90 personnes ont ingéré la molécule en question, à des fréquences et doses variables.

Selon les premiers éléments fournis par les autorités françaises, les dysfonctionnements sont apparus le 10 janvier au sein de la cohorte recevant la molécule de manière répétée. Ce jour-là, un premier participant est hospitalisé dans un état qui ne cessera de s’aggraver. La « mort cérébrale » sera en effet établie quelques heures plus tard – cette personne est décédée le 17 janvier.

Malgré cette hospitalisation, l’essai clinique s’est poursuivi puisque le lendemain, soit le 11 janvier, les cinq autres personnes de la cohorte ont à nouveau reçu une dose de 50mg de la substance. Pour se justifier, le laboratoire dit ne pas avoir d’emblée fait le lien entre les symptômes, alors évolutifs, et l’essai clinique (qui s'est par ailleurs interrompu le 11 janvier).

Progressivement, ces participants seront tous hospitalisés, avec un tableau clinique très préoccupant pour trois d’entre eux. « A l’IRM, nous avons pu observer des lésions profondes dans le cerveau, de type nécrotique et hémorragique », a ainsi précisé le médecin-chef du pôle de neurosciences du CHU de Rennes, Gilles Edan, lors d’une conférence de presse. Le laboratoire a-t-il commis une faute grave en poursuivant l’essai malgré la première hospitalisation ? C’est l’une des questions à laquelle doit répondre l’IGAS.

Hypothèses sur la table

Plusieurs pistes sont à l’étude pour expliquer cet accident tragique. Il peut s’agir d’un dysfonctionnement pendant le protocole – erreur d’étiquetage ou de dosage, par exemple. Autre hypothèse : une toxicité pure liée à la molécule, qui agit au niveau du système nerveux central, ou encore une réaction immunologique imprévue. Les conditions de fabrication seront aussi passées à la loupe ; une erreur dans la confection du principe actif ou des excipients du médicament pourrait expliquer l’accident.

Mais surtout, les inspecteurs vont se pencher sur le protocole en lui-même, validé par l’ANSM et le CPP (comité de protection des personnes) de Bretagne. A-t-il respecté les bonnes pratiques ? Des étapes ont-elles été grillées afin d’accélérer les procédures ? La montée des doses s’est-elle fait de manière trop rapide, avec un recul insuffisant ? Bref, y a-t-il eu une imprudence coupable dans cet essai de phase 1 ? Le laboratoire Bial, de son côté, dit n’avoir détecté aucune anomalie. L’IGAS devra encore confirmer cela, tout comme elle aura à évaluer la responsabilité de l'ANSM qui a validé le protocole. 

 

 

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