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Avis du Haut conseil de santé publique

ZIka : la France incite les femmes enceintes à ne pas se rendre dans les zones touchées

Par Anne-Laure Lebrun

Alors que le virus Zika s'étend aux Antilles et en Amérique latine, le Haut Conseil de santé publique émet de nouvelles recommandations pour protéger les femmes enceintes.

Andre Penner/AP/SIPA
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Face aux ravages de Zika chez les nouveau-nés, le Haut Conseil de la santé publique (HSCP) conseille aux femmes enceintes ou celles ayant un projet de grossesse en métropole de reporter leurs voyages dans les zones où sévit le virus. Cette recommandation fait partie d’une longue liste de mesures émises ce vendredi visant à améliorer la prise en charge des personnes infectées.

Depuis le printemps dernier, ce virus transmis par les moustiques, Aedes aegypti et Aedes albopictus (le moustique tigre), affole l’Amérique du Sud et les Caraïbes. L’angoisse est essentiellement nourrie par la situation brésilienne. Selon le ministère de la Santé du pays, 3 893 cas de microcéphalie, une anomalie de croissance de la boîte crânienne, ont été rapportés. L’an passé, seulement 150 cas avaient été constatés. Et bien que la relation de cause à effet n’ait pas été démontrée, la coïncidence est jugée suffisante pour inciter la prudence.

En outre, la France n’est pas épargnée par l’épidémie de fièvre Zika dans certains départements d’outre-mer. Ce jeudi, la Martinique – qui a répertorié 102 cas confirmés - a déclenché le niveau 3 du programme de surveillance, d'alerte et de gestion des épidémies (PSAGE), soit le stade épidémique. Et selon le HCSP, le risque d’introduction du virus est « réel » en métropole.


Une surveillance renforcée des femmes enceintes

Ainsi, les experts recommandent « l’organisation d’une campagne d’information et de formation des professionnels de santé, notamment dans les territoires touchés ou pouvant être touchés par le Zika », mais également une sensibilisation du grand public.

Ils préconisent également la mise en place d’une « prise en charge renforcée de toutes les femmes enceintes dans les zones d’épidémie du virus Zika, que ces femmes soient ou non suspectes d’infection par le virus ».
Un enjeu majeur puisque 80 % des infections sont asymptomatiques. Cette surveillance accrue est basée « sur l’incitation des femmes enceintes à respecter les examens cliniques et biologiques prévues à la grossesse », précise la HCSP. Les experts insistent, par ailleurs, sur l’importance de la notification des cas d’infection dans cette population et le signalement des malformations et troubles neurologiques du fœtus.