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Heptachlor

Pesticides : une étude associe lait contaminé et maladie de Parkinson

Par Antoine Costa

Un pesticide, à présent retiré du marché, avait été retrouvé dans du lait. Trente ans après, des chercheurs montrent ses effets sur le développement de la maladie de Parkinson.

Jeff Blackler/REX Shutt/SIPA

Pendant des années, un pesticide, l'heptachlor, a été utilisé dans les maisons pour tuer les termites, et dans les exploitations agricoles, pour protéger les cultures de maïs. Des traces de ce produit avaient été retrouvées dans des bouteilles de lait et des produits laitiers dans les années 1980. L’heptachlor a été retiré du marché américain à partir de 1988.

Sa production et sa vente sont également interdites dans l'Union Européenne depuis 2004, par le règlement 850/2004. La France avait elle interdit le produit dès 1992.

Une étude, parue ce jeudi dans la revue scientifique Neurology dévoile un lien entre l’heptachlor et le développement de la maladie de Parkinson, chez des hommes qui avaient consommé du lait contaminé.

 

Perte de cellules

Les auteurs de ces travaux, de l’université de Sciences médicales de Shiga, au Japon, ont suivi 449 hommes américano- japonais. Ces derniers faisaient partis d’une cohorte étudiée sur plus de 30 ans, jusqu’à leur décès.

Les scientifiques se sont penchés sur la consommation de lait de ces participants, et ont pratiqué une série d’autopsies afin d’analyser l’état du cerveau de 116 d'entre eux. Ils voulaient notamment déterminer l’ampleur de la perte de neurones, au niveau de la substance noire, qui constitue un signe avant-coureur de la maladie de Parkinson.

Les scientifiques ont d’abord découvert des traces d’heptachlor dans le cerveau de 90 % des personnes qui rapportaient la consommation la plus élevée de lait. Le pesticide a également été retrouvé chez 63 % de ceux qui n’en buvaient jamais.

 

L'association lait-Parkinson

Les individus non fumeurs, mais buveurs de lait, étaient près de 43 % à présenter une perte significative de cellules dans la substance noire. Etrangement, cette association n'est pas retrouvée chez les buveurs de lait qui, par ailleurs, étaient fumeurs.

Si les chercheurs sont dans l’impossibilité de conclure que la consommation de lait contenant de l’heptaclor a causé effectivement la maladie de Parkinson, ils soulignent une association significative entre les deux.