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QUESTION D'ACTU

Flavescence dorée

Pesticides : un viticulteur bio jugé pour avoir refusé de traiter ses vignes

Un vigneron bourguignon sera jugé ce mardi pour avoir refusé de traiter ses vignes contre la flavescence dorée.

Pesticides : un viticulteur bio jugé pour avoir refusé de traiter ses vignes GILE MICHEL/SIPA

  • Publié 16.11.2015 à 16h21
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Un vigneron bourguignon comparaît ce mardi devant le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône. Thibault Liger-Belair, viticulteur à Nuits-Saint-Georges et exploitant de vignes dans le Beaujolais, sera jugé pour avoir refusé de pulvériser un insecticide sur ses vignes, comme l’imposait un arrêté préfectoral.

Les faits remontent à 2013. Face à la propagation sur le territoire de la flavescence dorée, une jaunisse de la vigne incurable, la préfecture de Saône-et-Loire demande aux viticulteurs d’asperger des produits chimiques sur leurs vignes afin d’éliminer l’insecte à l’origine de la maladie, la cicadelle. La Saône-et-Loire est alors le département le plus touché de Bourgogne.

"Aberrations administratives"

Thibault Liger-Belair refuse pourtant d’appliquer cette décision. L’agriculteur élève ses vignes en biodynamie - sans pesticides ni d'engrais. Dans la région, ses méthodes sont respectées. « C'est un vigneron très très qualitatif, qui jouit d'une très belle image en Bourgogne », explique ainsi Jean Bourjade, délégué général d'Inter-Beaujolais, cité par l’AFP.

Le viticulteur dénonce des « aberrations » dans cette décision administrative, son domaine à Moulin-à-Vent se situant à cheval entre la Saône-et-Loire et le Rhône. « D'un côté j'avais l'obligation de traiter, de l'autre pas », explique-t-il. Il réclame davantage de logique dans les décisions préfectorales. De fait, l’arrêté a été pris dans une logique de «  lutte obligatoire en attendant une cartographie plus précise des zones à risque », précise encore l’AFP.

Déséquilibres

Son refus est également motivé par ses convictions. L’homme se refuse à asperger des produits chimiques qui détériore la faune, supprime des insectes utiles et génère des déséquilibres. « En 2013, nous avons vu réapparaître dans les zones traitées des dégâts provoqués par l'araignée rouge », souligne ainsi le viticulteur.

Selon la préfecture, citée par l’agence, la « lutte contre cette maladie est compliquée du fait du délai d'au moins une année entre la contamination et l'apparition des symptômes », mais la décision d'étendre en 2013 « le périmètre de lutte à l'ensemble du département » se serait avérée « efficace ».

S’ils restent encore marginaux, les agriculteurs qui bravent les décisions judiciaires en refusant d’asperger des pesticides sur leurs cultures se multiplient. L’an dernier, Emmanuel Giboulot, un viticulteur situé près de Beaune, en Bourgogne, avait été condamné pour les mêmes motifs à 1000 euros d’amende, puis relaxé par la cour d'appel de Dijon.


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