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Identifié par l'Inserm

Un marqueur pronostique pour prédire la sortie du coma

Par Anne-Laure Lebrun

Le devenir des patients dans le coma est très délicat à anticiper. Mais des chercheurs français ont découvert que la qualité de la communication entre deux structures du cerveau prédit la récupération à 3 mois.

MEIGNEUX/SIPA

Le coma renferme de nombreux mystères. Cette forme la plus sévère d’altération de la conscience peut être la conséquence d’un accident de la route, d’une infection ou d’un arrêt cardiaque. Dans les cas les plus favorables, le coma durera quelques jours avant un retour à la conscience.
Mais pour une grande majorité, les médecins ne peuvent pas prédire avec exactitude quels sont les patients qui sortiront du coma et récupèreront et ceux qui garderont des séquelles lourdes.

Grâce à la découverte de chercheurs français de l’INSERM, le devenir des patients dans le coma pourra être appréhendé avec plus de précision. Les scientifiques ont mis en évidence que la qualité de la communication entre deux régions du cerveau prédit la récupération de la conscience à 3 mois. Ils publient leurs résultats ce mercredi dans la revue Neurology.

Perte de connexion cérébrale

« Nous avons étudié 27 patients dans le coma au repos et avons comparé l’activité de leur cerveau à celle de volontaires en bonne santé », explique à Pourquoidocteur le Dr Stein Silva, médecin réanimateur au CHU Purpan à Toulouse et responsable de ces travaux. A l’aide d’une IRM fonctionnelle, les scientifiques se sont particulièrement intéressés à deux zones du cerveau connues pour jouer un rôle dans la conscience.

Ils ont découvert qu’il existait une perte de connexion entre le cortex cingulaire postérieur (une structure cérébrale se trouvant à l’arrière du cerveau) et la partie antérieure du cerveau chez tous les patients dans le coma par rapport aux participants en bonne santé.
En outre, ce manque d’interaction était retrouvé quelle que soit la cause du coma. Cette observation suggère ainsi le rôle-clé de cette communication dans l’émergence de la conscience.

« Et lorsque nous avons analysé de façon plus fine l’importance de cette connexion, nous nous sommes rendus compte que plus ce lien était perdu, plus le pronostic était défavorable et prédisait une évolution vers un état végétatif. A l’inverse, les patients qui ont le mieux récupéré sont ceux qui présentaient des connexions comparables à celles observées chez les volontaires sains », ajoute le spécialiste.
En effet, en évaluant l’altération de cette connexion au cours du temps, les chercheurs ont noté que la récupération des patients comateux est étroitement liée au degré d’atteinte de cette connexion.

Ecoutez...
Stein Silva, médecin réanimateur et chercheur à l'Inserm : « A l’heure actuelle, on soigne ces patients en maintenant les fonctions vitales. Mais une voie de recherche s’ouvre aujourd’hui pour savoir si on peut faire mieux et savoir quel patient va récupérer. C’est une question avec des implications médicales et éthiques importantes. »

Nouvelle voie thérapeutique

Cette étude porte une promesse d’une nouvelle approche d’évaluation des patients comateux, une évaluation plus précise du pronostic, voire de nouvelles pistes de traitements. « On peut imaginer dans l’avenir des nouveaux médicaments, des nouveaux protocoles de stimulation qui permettraient de rétablir certaines de ces connexions qui seraient particulièrement importantes dans la récupération », suggère le Dr Stein Silva.

Néanmoins, ces résultats devront être confirmés par des recherches plus poussées comptant un plus grand nombre de patients, reconnaît le chercheur. Les prochains travaux permettront également de décrypter les mécanismes sous-jacents du coma encore peu connus aujourd’hui.