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QUESTION D'ACTU

Etat végétatif / Etat de conscience minimale

Coma : le PET scan révèle des signes de conscience imperceptibles

Selon une étude, le PET scan est l'outil le plus fiable pour évaluer l'état de conscience des patients dans le coma. Détecter une activité cérébrale change radicalement la prise en charge médicale.

Coma : le PET scan révèle des signes de conscience imperceptibles Mike Groll/AP/SIPA

  • Publié 16.04.2014 à 07h00
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Vincent Lambert, ce tétraplégique de 38 ans en état de conscience minimale "plus" depuis cinq ans, a récemment subi des examens d'imagerie fonctionnelle (Pet scanIRM fonctionnelle). Des résultats cruciaux qui permettront de déterminer s'il faut ou pas poursuivre les soins. Et pour répondre à cette interrogation qui déchire médecins et famille, « la tomoscintigraphie par émission de positons (PET scan) est l'outil le plus fiable. » C'est ce qu'affirme sans conteste le Pr Steven Laureys, célèbre neurologue du Coma Science Group (Liège), le dernier a avoir mené une expertise médicale complète sur Vincent Lambert au sein de son centre d'excellence en neurosciences. A l'appui de cette affirmation, les résultats inédits d'une étude publiée ce mercredi dans la revue scientifique The Lancet dont ce médecin belge est l'auteur principal.

Tests au du lit du maladie + PET scan : la formule la plus fiable
Pour parvenir à cette conclusion, l'équipe de scientifiques a mené l'enquête sur 126 patients venus de toute l'Europe admis au CHU de Liège suite à des lésions cérébrales graves. Plus précisément, ces chercheurs ont souhaité comparer l'efficacité des différentes techniques utilisées dans la pratique clinique pour détecter d'éventuelles traces de conscience chez ces patients sortis de soins intensifs depuis plusieurs mois. Dans la cohorte, figurait 81 personnes diagnostiquées en « état de conscience minimale », 41 en « état végétatif », et 4 en « locked-in-syndrome » qui désigne une paralysie quasi complète de l'organisme, malgré une conscience et des facultés cognitives intactes. Le but de la recherche était aussi de voir quelle technique permettait le mieux de réduire le risque d'erreur de diagnostic. 
Conclusion des experts, « il faut continuer à effectuer des tests de conscience au bord du lit du patient à l'aide de l'échelle standardisée de récupération du coma. » Car en ne l'utilisant pas, on risque de rater un sur trois des patients considérés comme végétatifs, mais qui en réalité avaient des signes de conscience.

Deuxièmement, le PET scan qui permet de mesurer la consommation d'énergie du cerveau est un outil "efficace" et "complémentaire" pour regarder comment le cerveau est encore actif. Pour un tiers des patients, il a permis en effet de déceler des signes d'activité cérébrale qui n'avaient pas été perçus au bord du lit. En plus, cet outil permet de mieux prédire ceux qui ont des chances de récupérer. Par exemple, ici, 13 patients sur les 41 en état végétatif non-répondant avaient en fait des signes de conscience en imagerie neurofonctionnelle. Et sur ces patients pour qui les médecins s'étaient trompés lors du premier diagnostic, 9 ont connu une récupération de leur état. « Cet outil permet donc de réduire également l'incertitude s'agissant du pronostic de récupération », souligne à ce titre le Pr Laureys.
Enfin, les chercheurs notent une petite déception du côté de l'IRM fonctionnelle qui était moins "puissant" et "fiable" que le PET scan pour relever des signes de conscience. Surtout parce que 4 patients sur 10 ont trop bougé lors de cet examen, malgré leur état, indique le neurologue. 

Ecoutez le Pr Steven Laureys, directeur du Coma Science Group : « Un tiers des patients présentent des signes que les médecins ne peuvent pas repérer au chevet du patient. »


Le PET scan : une machine chère et pas toujours disponible
Conclusion de l'équipe belge, il est important d'utiliser ces nouveaux outils d'imagerie médicale pour un diagnostic qui reste encore difficile. Le Pr Laureys souligne en plus que ses études antérieures avaient déjà démontré que ne pas les utiliser faisait courir un risque de 40 % de se tromper de diagnostic.
Mais alors, comment peut-on passer a côté d'un diagnostic si efficace ? Tout d'abord parce que ces machines ont un coût important. Le PET scan est en effet plus cher que l'IRM fonctionnelle. Par ailleurs, cet outil est largement utilisé pour les patients en cancérologie chez qui l'examen est une indication. Chez ces malades, il sert à détecter une tumeur cancéreuse et/ou des métastases, et à surveiller leur évolution. Conséquence, son utilisation pour détecter les états de conscience reste donc limitée dans l'Hexagone, où il n'est en plus pas remboursé. « Néanmoins, il semble important de démontrer la supériorité de cette technique sur les autres. Car sur le plan de l'éthique médicale une erreur de diagnostic est difficilement supportable », soutient le Pr Laureys. Notamment en ce qui concerne la prise en charge future de ces patients dans le coma.

Ecoutez le Pr Steven Laureys : « En France, le nombre de machines de PET scan est limité. Et elles sont surtout utilisées pour des patients en cancérologie...»


Un diagnostic fiable pour adapter les soins
En effet, lorsqu'un patient se retrouve dans une maison de repos et de soins, l'importance d'un diagnostic fiable au préalable est cruciale. La prise en charge du patient sera totalement différente pour une personne en état végétatif ou en état de conscience minimale. Pour ces derniers, les équipes soignantes envisagent en effet un long travail de rééducation dont le but espéré est de faire retrouver au patient certaines de ses capacités motrices. A côté de ça, on s'adresse aussi différemment au patient si l'on sait qu'il a conscience de son entourage.
En outre, en 2008, l’équipe du Coma Science Group, dirigée là encore par Steven Laureys avait démontré pour la première fois que les patients en état de conscience minimale ressentaient bien la douleur. « Notre étude sur la douleur justifiait la nécessité de faire la différence entre les deux populations (état végétatif et état de conscience minimale) », précisait déjà à l'époque ce neurologue.
Enfin, un diagnostic plus fiable peut aussi aider certaines familles réticentes à opter pour le choix difficile de l'euthanasie passive.

Ecoutez le Pr Steven Laureys : « Si on vous considère comme végétatif alors que vous êtes conscient, c'est extrêment grave. Il faut tout faire pour éviter ces scénarios là...»











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