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Adaptations génétiques

Scarlatine : les souches résistantes se propagent

Par Antoine Costa

De plus en plus de formes résistantes aux antibiotiques. La scarlatine n’a pas disparu. Au contraire, elle effectue un retour fulgurant en Asie et au Royaume-Uni.

AP/SIPA

La scarlatine est de retour, et elle est virulente. Une équipe de l’université du Queensland (Australie) s’est intéressée à cette maladie qu’on croyait disparue. Loin de s’être effacée des écrans radars, elle est au contraire revenue. Rien qu’au Royaume-Uni, elle a touché 12 000 personnes en 2014. Et selon les travaux publiés dans Scientific Reports, les souches résistantes aux antibiotiques sont de plus en plus présentes.

Pour mener ces recherches, les auteurs ont analysé 34 échantillons de malades vivant à Hong-Kong et en Chine, où les foyers se sont multipliés. « Nous n’avons pas encore observé d’épidémie en Australie, mais au cours des 5 dernières années, il y a eu plus de 5 000 cas à Hong-Kong (une multiplication par 10) et plus de 100 000 cas en Chine », souligne le Pr Mark Walker, qui signe cette publication.

Le génome des streptocoques bêta-hémolytiques du groupe A, à l’origine de la scarlatine, a été séquencé. Et le constat livré par les chercheurs est inquiétant : le profil de cette maladie infectieuse a évolué. Les souches résistantes aux antibiotiques sont de plus en plus présentes. Les facteurs expliquant ce bouleversement pourraient aussi bien tenir du profil des personnes infectées que des facteurs environnementaux, comme la température ou les précipitations.

Incidence inconnue en France

Pour le Dr Nouri Ben Zakour, co-auteur de cette étude, ces résultats doivent inciter à un réveil collectif. « Nous pouvons identifier rapidement les bactéries associées à la scarlatine et les éléments résistants aux antibiotiques, et donc traquer la propagation des souches à l’origine de cette maladie », estime-t-elle. Car la menace à long terme est réelle, selon elle : la hausse des cas de scarlatine pourrait entraîner une augmentation des cardiopathies rhumatismales.

Pour rappel, la scarlatine touche principalement les enfants de moins de 10 ans. Après cet âge, le système immunitaire se défend naturellement contre le streptocoque à l’origine de l’infection. La maladie se caractérise par une poussée de fièvre et une éruption cutanée rouge, après une période d’incubation de 1 à 4 jours. Les patients souffrent aussi de maux de gorge, de tête, et de nausées. L’incidence de cette maladie en France n’est pas connue. Mais l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) a fait état d’une épidémie dans les Bouches-du-Rhône en 2007.