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Syndrome de Lynch

Obèses : l'aspirine diminue le risque de cancer colorectal

Par Anne-Laure Lebrun

Une étude internationale suggère que prendre 600 mg d'aspirine par jour réduit le risque de cancer du colon chez les personnes obèses atteintes du syndrome de Lynch. 

RICHARD B. LEVINE/NEWSCOM/SIPA

Après avoir reconnu l’effet bénéfique de l’aspirine dans la prévention des accidents cardiovasculaires et son efficacité pour soulager les douleurs rhumatismales, une étude révèle aujourd’hui que cet antidouleur réduirait également le risque de cancer colorectal chez certaines personnes obèses.

Ces travaux, publiés dans le Journal of Clinical Oncology, porte sur une cohorte internationale de patients atteints du syndrome de Lynch, aussi appelé Cancer colorectal héréditaire sans polypose. Cette pathologie génétique rare augmente le risque de développer un cancer colorectal avant 50 ans. Les personnes atteintes de ce syndrome doivent bénéficier d’un suivi spécifique dès l’âge de 20 ans.

En suivant pendant plus de 10 ans un millier de participants, les chercheurs de l’université de Newcastle au Royaume-Uni ont montré que les personnes touchées par ce syndrome ont deux fois plus de risques de développer un cancer du colon ou de l’endomètre si elles sont obèses.

600 mg d'aspirine par jour

Cependant, en comparant le groupe de participants prenant 600 mg d’aspirine par jour pendant 2 ans au groupe placebo, les chercheurs ont observé une réduction de ce risque. En effet, qu’ils soient obèses ou non, les volontaires présentaient le même risque de développer un cancer du colon.

« Ces résultats sont importants pour les personnes atteintes du syndrome de Lynch, mais en réalité, ils nous affectent tous, explique John Burn, professeur de génétique clinique à l’université de Newcastle et responsable de cette étude internationale. Beaucoup de gens se battent contre leur surpoids et ces données suggèrent que le sur-risque lié à l’obésité peut être réduit avec l’aspirine. »

Pour ce spécialiste, ces travaux démontrent que l’apparition du cancer est associée à un processus inflammatoire. « L’obésité accroît la réponse inflammatoire. L’une des explications apportées par notre étude est que l’aspirine supprime cette inflammation, ce qui ouvre de nouvelles pistes de recherche sur la cause du cancer », indique-t-il.

Un molécule loin d'être anodine

Toutefois, les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité de mener des travaux plus poussés pour confirmer l’effet protecteur de l’aspirine. Ils recherchent actuellement plus de 3 000 volontaires (obèses ou non) à travers le monde pour comparer l’effet de 600 mg d’aspirine par jour à celui de doses plus faibles.

Ils rappellent par ailleurs que l’aspirine n’est pas un médicament anodin et déconseillent d’en prendre sans un avis médical. En effet, il peut provoquer des hémorragies du tube digestif pouvant entraîner des anémies voire même des ulcères.