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Etude publiée dans Neuron

Cerveau : des chercheurs expliquent comment les souvenirs se forment

Par la rédaction

Retracer la formation d'un souvenir est possible, selon des chercheurs. Ces derniers viennent de découvrir comment se forment les souvenirs dans le cerveau humain. 

Hank Grebe/SUPERSTOCK/SIPA
Des chercheurs britanniques et américains ont découvert, pour la première fois, comment les souvenirs se forment et comment ils s’installent dans notre cerveau. Leurs résultats ont été publiés ce mercredi dans le prestigieux journal Neuron.
 
Dans leur étude, ils révèlent comment un neurone « s’allume » instantanément et distinctement lorsqu’un nouveau souvenir se forme. En effet, ils ont observé qu’à une idée correspond un neurone. Pour le mettre en lumière, les chercheurs ont montré à des participants différentes photos de personnalités comme Jennifer Aniston ou Clint Eastwood et ont noté qu’à la vue de la photo de l’actrice, le même neurone « s’allumait » encore et encore.


Un changement radical

 
Face à cette découverte, les scientifiques ont voulu aller plus loin. Ils ont voulu comprendre comment une association entre un lieu et une personne pouvait modifier la formation des souvenirs dans le cerveau (dans la région du lobe temporal médial). 
 
Pour se faire, les chercheurs ont d’abord montré à des participants, ayant des électrodes implantés dans leur cerveau, des portraits d’acteurs. Puis, ils leur ont montré les mêmes personnes mais avec en fond des monuments connus – comme Jennifer Aniston devant la Tour Eiffel ou Clint Eastwood au pied de la Tour de Pise (voir ci-dessous). Les chercheurs ont alors observé que les mêmes neurones étaient stimulés lorsque qu’ils présentaient les portraits seuls ou mis en situation.

 
Source : Courtesy of Matias Ison

« De plus, nous avons observé que ces changement après avoir montré les photos une seule fois. C’est un changement radical par rapport aux expériences menées chez l’animal, pour qui ces changements sont observés après de nombreux entraînements, explique Rodrigo Quian Quiroga, responsable du centre de recherche en neurosciences à l’université de Leicester. C’est crucial pour comprendre le processus neurologique sous-jacent à la formation de souvenir en situation réelle, car dans la vraie vie, nous ne sommes pas exposés de façon répétée à un événement pour nous en rappeler, une fois suffit. »

Pour les auteurs, cette découverte pourrait conduire à de nouvelles idées concernant le fonctionnement de notre mémoire mais aussi de sa détérioration.