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Initiation néfaste

Binge drinking : le rôle important des parents

Par la rédaction

Les enfants initiés à l'alcool à l'âge de 11 ans sont plus nombreux à se livrer à des ivresses massives quelques années plus tard. 

OJO Images / Rex Featur/REX/SIPA

Alors que la consommation globale d'alcool a très largement chuté en France, les épisodes d'alcoolisation excessive (binge drinking) sont de plus en plus fréquents chez les jeunes. D'après le dernier Baromètre Santé de l'INPES (1), depuis 10 ans, les 18-25 ans ayant connu un épisode d'ivresse dans l’année sont passés de 33 % à 46 %. Et ils sont maintenant 29 % à déclarer avoir été ivre au moins trois fois dans l’année, contre 15 % en 2005.
Les jeunes sont-ils les euls responsables  de cette recherche de sensations fortes ? Pas toujours, les parents ont aussi un rôle de prévention à jouer, selon une étude publiée dans le Journal of Studies on Alcohol and Drugs, relayée par santélog.

Les parents, porte d'entrée vers l'alcool ?
Ces scientifiques américains de l'Université Brown (Rhode Island) ont suivi pendant plusieurs années 561 élèves. Ils étaient au départ collégiens, élèves de 6ème et donc âgés d’environ 11 ans, jusqu’à l’entrée dans le secondaire. Les jeunes participants ont été interrogés régulièrement. A l’inclusion dans l’étude, 30 % avaient déjà bu un peu d’alcool, avec l'autorisation des parents et pour une occasion spéciale. 
Trois ans plus tard, 26 % de ces participants ayant déjà goûté à l’alcool, déclaraient avoir déjà consommé une boisson alcoolisée complète, contre 6 % chez les enfants qui, en 6ème, n’y avaient jamais touché.

Vers l'ivresse ?
Par ailleurs, 9 % des volontaires ayant consommé de l’alcool ont  pratiqué plus tard  le binge drinking ou connu l’ivresse, contre moins de 2 % chez les enfants qui en 6ème n’y avaient jamais touché. Conclusion des auteurs, les résultats révèlent que ceux qui ont consommé de l’alcool dès l’âge de 11 ans sont 5 fois plus susceptibles de consommer une boisson alcoolisée complète et 4 fois plus susceptibles de connaître l’ivresse que les autres.
Un constat inquiétant lorsqu'on sait que le binge-drinking ("biture expresse" en français) entraîne des effets neurologiques (destruction de cellules du cerveau). 
A long terme, une consommation démesurée d’alcool peut aussi déclencher de nombreux symptômes, comme la perte de mémoire. Les effets sont particulièrement prononcés chez les adolescents, dont le cerveau est en plein développement.

En commentaires l’auteur principal de l'étude, le Pr Kristina Jackson, confie : « Si nous ne disons pas aux parents ce qu’ils doivent faire, l’étude fournit la preuve qu’autoriser des enfants jeunes à goûter de l’alcool les prédispose plutôt à en abuser quelques années plus tard. »
Cette spécialiste ajoute toutefois que de nombreux autres facteurs de confusion peuvent influer sur la consommation d’alcool des mineurs. Parmi eux, la consommation et l’histoire des parents, ou certains traits caractères de l’enfant. Pourtant, « même après avoir pris en compte ces facteurs, le lien subsiste », précise-t-elle.

La bonne attitude à adopter
Pour terminer, Kristina Jackson écrit : « Goûter, jeune, un peu d’alcool adresse aux enfants un message ambigu. Certains enfants peuvent avoir des difficultés à comprendre la différence entre une gorgée de vin et une pinte de bière. Si les parents ne doivent pas s’alarmer s’ils ont déjà fait goûter leur enfant, ils doivent s’efforcer de leur adresser un message clair et cohérent et contrôler l’accès, du moins à la maison, aux boissons alcoolisées », conclut-il.

(1) Institut national de prévention et d'éducation pour la santé