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Avec un alogrithme

La première main bionique contrôlée par la pensée

Par Antoine Bonvoisin

Des scientifiques de l’Université de Houston ont développé le premier dispositif non-invasif permettant de contrôler une main bionique par la pensée.

Des chercheurs ont développé pour la première fois un algorithme permettant de contrôler mentalement une main bionique, et de saisir des objets. Ce genre de technologie avait déjà été développé par le passé, mais c’est la première fois qu’une solution non-invasive est proposée. Auparavant, les membres bioniques pouvaient soit être contrôlés à partir d’électrodes implantées chirurgicalement, soit à partir des signaux nerveux captés depuis les muscles.
Pour mettre au point l’algorithme, des scientifiques de l’Université de Houston ont réalisé des électroencéphalogrammes (EEG) de cinq jeunes valides âgés d’une vingtaine d’années. Ces personnes ont dû saisir différents objets, une canette de soda, un disque compact, une carte de crédit, une petite pièce de monnaie et un tournevis, afin d’enregistrer différents signaux correspondant à plusieurs types de prises. Les données recueillies ont permis de créer un logiciel pour traduire l'activité neuronale en signaux moteurs correspondant aux mouvements de préhension.

Le dispositif permettant de réaliser les EEG a été placé sur un homme de 56 ans, amputé de la main droite, et doté pour l’expérience d’une main bionique. Après avoir observé et visualisé le contrôle de la main, le patient était en mesure de saisir les différents objets en utilisant ses pensées, par l’intermédiaire de l’EEG, avec un taux de réussite de 80 %. Les chercheurs ont en revanche observé un délai de 50 à 90 millisecondes entre le moment où les signaux étaient enregistrés par l'EEG et le mouvement de la main bionique.

 

Bien que des taux de succès similaires ont été obtenus avec des électrodes implantées chirurgicalement et avec des systèmes de contrôle myoélectriques, des améliorations de l'algorithme et des entraînements plus conséquents avec le dispositif pourraient permettre de réussir les préhensions dans 100 % des cas. Cette étude fournit de nouvelles perspectives pour les neurosciences, et pourrait permettre de développer de nouvelles applications de réhabilitation dans le cas d'autres blessures, comme les accidents cérébrovasculaires et les atteintes de la moelle épinière.