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Projet de loi santé : les médecins maintiennent la pression

Par Philippe Berrebi

Après avoir subi un revers cinglant dans les urnes dimanche, le pouvoir risque d’être de nouveau bousculé cette semaine avec la discussion du projet de loi santé. Dans l’hémicycle, pas moins de 16 000 amendements ont été déposés ; à l’extérieur, règne un petit climat insurrectionnel chez les médecins.
Principale mesure contestée, le tiers payant que Marisol Touraine veut généraliser en 2017.
Hors de question, répond à l’unisson la profession. « Par principe pour une minorité, par crainte de dysfonctionnements techniques pour la majorité qui redoute un surcroît de travail et de contrôles », note Daniel Rosenweg dans Le Parisien. La ministre de la Santé a beau affirmer qu’il suffira d’un simple clic et d’un délai d’une semaine pour que les médecins puissent être remboursés par l’Assurance maladie, rien n’y fait. Le corps médical ne désarme pas.

Pour prolonger le succès de la manifestation du 15 mars, l’intersyndicale des médecins organise ce mardi des journées "santé morte" dans quelques départements. Mais surtout, plusieurs syndicats appellent à la désobéissance, quitte à enfreindre la loi et à pénaliser les patients.
MG-France, rejoint par l’autre centrale syndicale, la CSMF, demande aux généralistes de facturer la consultation 25 € au lieu de 23 €. La troisième organisation représentant les médecins libéraux, la FMF, va encore plus loin, brandissant la menace du déconventionnement temporaire. Dans cette hypothèse, le médecin fixerait librement le montant de ses honoraires, le malade, lui, n’aurait droit qu’à un remboursement dérisoire !