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QUESTION D'ACTU

Vaccins : pourquoi ils font peur

Alors qu’il y a peu la vaccination faisait presque l'unanimité, les Français sont de plus en plus nombreux à s’en détourner. La composition des vaccins et leurs effets secondaires inquiètent.   

Vaccins : pourquoi ils font peur Parsons/AP/SIPA

  • Publié 13.03.2015 à 12h11
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Dossier réalisé en partenariat
avec 
Science et Santé,
le magazine de l'Inserm 

Plusieurs controverses, relayées par les médias depuis une vingtaine d'années, ont éloigné les Français de la vaccination. Ainsi, en 1993, quelques personnes atteintes de sclérose en plaques, pathologie neurodégénérative auto-immune, accusent le vaccin contre le virus de l’hépatite B (VHB) d'avoir déclenché leur maladie.
Dès 1994, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) décide de lancer une enquête officielle de pharmacovigilance. Jusqu'à présent, « aucune étude solide n'a pu établir de lien causal entre la vaccination par le VHB et la survenue de scléroses en plaques », assure Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations (CTV) du Haut Conseil de la santé publique (HCSP).
Plus récemment, ce sont les vaccins contre le papillomavirus humain (HPV) qui suscitent des craintes. Censés protéger de la majorité des cas de cancer du col de l’utérus, ces vaccins, mis sur le marché en 2006 et 2007, sont aussi suspectés de causer des scléroses en plaques. Plusieurs plaintes ont été déposées depuis 2013. Cependant, les données de la littérature scientifique ne montrent pas d'augmentation de l'incidence des scléroses en plaques après une vaccination anti-HPV.

Les sels d'aluminium sur la sellette
Des questions se posent aussi sur l'innocuité des adjuvants à base de sels d'aluminium. Utilisés depuis les années 1920 pour augmenter la réponse immunitaire de nombreux vaccins, ils sont la cause directe de la myofasciite à macrophage. Derrière ce nom compliqué se cache « une lésion des tissus correspondant à des dépôts de sels d'aluminium dans le muscle deltoïde de l’épaule, là où sont généralement inoculés les vaccins », explique Marc Pallardy (1), toxicologue à l'université Paris-Sud.
Cette lésion locale pourrait-elle être associée à une maladie rare caractérisée par une fatigue chronique, des douleurs musculaires et des troubles cognitifs chez certaines personnes prédisposées ? C'est la question que pose Romain Gherardi (2), médecin et responsable d'équipe Inserm à l'Institut Mondor de recherche biomédicale (IMRB) de Créteil. Pourtant, « il n'y a à l'heure actuelle aucun consensus scientifique sur la toxicité des vaccins aluminiques », tempère Marc Pallardy.

La pandémie de grippe H1N1 a frappé les esprits
Cependant, l'épisode qui a le plus entamé la confiance des Français est sans aucun doute celui de la pandémie de grippe A/H1N1 entre 2009 et 2010. Tous les aspects de la campagne de vaccination ont été la cible d'attaques, parfois justifiées.
D'abord la gravité même de cette grippe qui, bien que contagieuse, s'est finalement révélée beaucoup moins virulente que prévu. Les vaccins, ensuite, dont l'efficacité et la sûreté ont été remis en question.

Pourtant de nombreuses études ont démontré leur pouvoir immunogène. Le fait qu'il y ait plusieurs vaccins, certains avec, d'autres sans adjuvant, a aussi contribué à la confusion. Et la campagne de vaccination n'a pas été totalement exempte d'effets indésirables. Plusieurs cas de narcolepsie ont ainsi été signalés dès 2010. Ce trouble du sommeil est caractérisé par des accès de fatigue brutaux et incontrôlables. Environ 60 personnes sont concernées en France sur près de 6 millions de vaccinés.

Aux contestations scientifiques se sont ajoutés les débats sur la gestion de la pandémie par le gouvernement. Les laboratoires pharmaceutiques ont aussi été mis à mal pour leur manque de transparence. La pandémie de grippe A/H1N1 marquera durablement les esprits, comme le confirment les travaux de Patrick Peretti-Watel (3), sociologue à l'université d'Aix-Marseille. La part de Français défavorables à la vaccination est ainsi passée de 10 à près de 40 % entre 2005 et 2010. Parmi eux, la moitié revendiquait spontanément leur opposition au vaccin H1N1.

Simon Pierrefixe
Science et Santé, le magazine de l'Inserm  

(1) Marc Pallardy : unité 996 Inserm – Université Paris-Sud 11, équipe Signalisation en immunotoxicologie et immunopharmacologie
(2) Romain Gherardi : unité 955 Inserm – Université Paris-Est Créteil-Val-de-Marne, IMRB, équipe Interactions cellulaires dans le système neuromusculaire
(3) Patrick Peretti-Watel : unité 912 Inserm/IRD - Université Aix-Marseille

Publication
Patrick Peretti-Watel et al. Social Science & Medicine, mai 2014 ; 109 : 10–8

 

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