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Prévention

Printemps : pourquoi et comment protéger ses yeux du soleil

Par Floriane Valdayron

Le retour du soleil n'est pas sans risques pour les yeux. Conditions d'exposition potentiellement problématiques, conséquences et maladies, lunettes adaptées… Le point avec Laurence Desjardins, ophtalmologue et directrice de la Société française d'ophtalmologie (SFO).

jozzeppe/iStock

Le mois de mai signe le retour des beaux jours. Cependant, prudence : le printemps peut être synonyme de période à risque pour les yeux. "Le soleil n'est pas toxique à petite dose, assure Laurence Desjardins, ophtalmologue et directrice administrative et scientifique de la Société française d’ophtalmologie (SFO). Maintenant, chez les personnes qui y sont exposées de façon quotidienne, comme les agriculteurs, il peut provoquer des légères modifications de la surface oculaire". Ensuite, ces dernières sont susceptibles de favoriser l'apparition de dégénérescences de la conjonctive – la membrane qui recouvre le dessous des paupières et le blanc de l'œil – ou de lésions précancéreuses, voire cancéreuses. "Ce phénomène est plus fréquent dans les pays chauds", nuance l'experte. 

De la même manière, le soleil peut devenir pathogène selon les conditions d'exposition. "Par exemple, si vous allez au ski et que vous restez sur la neige sans lunettes pendant toute une journée, vous pourrez souffrir d'une brûlure de la cornée", poursuit-elle. Il s'agit de la photokératite, une maladie bénigne également appelée "coup de soleil de l'œil" ou encore "ophtalmie des neiges". "Avec la réverbération, la mer peut aussi entraîner des altérations cornéennes", ajoute Laurence Desjardins. Allant d'une gêne visuelle à une légère sécheresse dans les yeux en fin de journée, en passant par une sensation d'inconfort, leurs conséquences sont moindres puisqu'elles se règlent en se mettant à l'ombre.

Choisir des lunettes de soleil de qualité 

"Néanmoins, sur les yeux clairs, on ne sait pas réellement si l'exposition solaire ne pourrait pas favoriser la survenue d'un mélanome à l'intérieur de l'œil, envisage la directrice de la SFO. Contrairement à ceux qui sont cutanés, pour lesquels il existe une relation directe, c'est encore en débat". De fait, à l'instar de celles qui travaillent quotidiennement en extérieur, et de celles qui passent leurs vacances à la plage ou à la montagne, les personnes aux yeux clairs ont tout intérêt à se protéger, dès lors qu'elles se trouvent en plein soleil.

Pour ce faire, la spécialiste préconise le recours aux lunettes. D'abord, que vous les achetiez chez un opticien ou non, il faut bien veiller à ce qu'elles portent le sigle CE. Ensuite, il convient de choisir des verres filtrants pour s'assurer qu'ils ne laissent pas passer les rayons ultraviolets, capables de traverser la cornée et l'iris. "La filtration des UV n’est pas liée à la teinte apparente des verres, note l'Institut national de la consommation. Les verres sombres sont les plus performants pour lutter contre l’éblouissement, mais la teinte foncée ne garantit en rien la filtration". Ainsi, ne vous détournez pas des verres translucides : parfois, ils peuvent avoir de meilleures propriétés. 

On dénombre cinq catégories de filtres : 0, 1, 2, 3, et 4. La première permet un "affaiblissement très limité de l'éblouissement solaire", la deuxième un affaiblissement limité, la troisième une bonne protection et la quatrième une protection élevée. Enfin, en permettant une "protection très élevée contre les rayonnements solaires", la dernière est destinée à des environnements spécifiques, comme le désert, la haute montagne, les espaces enneigés et la mer. Par ailleurs, lunettes ou non, si la moindre anomalie persiste au-delà d'une ou deux journée bien que vous ne soyez plus exposé au soleil, prenez rendez-vous chez votre ophtalmologue.