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Transition

Travail : nos conseils pour bien gérer le retour en présentiel

Par Mathilde Debry

Jean-Christophe Villette, psychologue du travail et co-fondateur du cabinet Ekilibre, nous livre ses conseils pour bien gérer les retours au bureau, une transition qui n'est pas forcément évidente pour tout le monde.

fizkes/iStock
Depuis le 9 juin, nombreux sont ceux à retourner au bureau. Mais entre ceux qui, à force d'être loin des collègues, sont mal à idéaliser le présentiel, et ceux qui ont découvert qu'ils travaillaient éventuellement mieux chez eux, la transition peut être difficile à gérer. Jean-Christophe Villette, psychologue du travail, nous explique comment traverser au mieux cette période particulière, où "le monde d'avant n'existe plus".

Pour les salariés :


1/ Faire preuve d'optimisme, "en ayant confiance en la capacité d'adaptation naturelle de l'être humain", explique Jean-Christophe Villette.

2/ Ne pas se sentir d'avoir peur de revenir au bureau. "Il y a des différences sur ce point en fonction des personnes, et c'est normal".

3/ Exprimer ce que l'on ressent auprès des managers ou des collègues, pour ne pas rester seul avec ses angoisses.

4/ Rechercher si nécessaire du soutien auprès des collègues et des managers.

5/ Faire preuve de bienveillance et d'indulgence vis-à-vis de soi et des autres : tout ne sera pas parfait lors du retour au bureau.

6/ Reprendre si nécessaire et si possible progressivement le présentiel, "pour permettre de retrouver les bons équilibres".

7/ Ne pas hésiter à proposer de rester en télétravail ou des formules mixtes. "Au sortir de la crise de la Covid-19, 8 salariés sur 10 souhaitent poursuivre au moins en partie le télétravail", rapporte Jean-Christophe Villette. "Si votre employeur ne prévoit plus de télétravail et que vous avez envie d'y rester, soyez force de proposition", explique le psychologue. "Proposez par exemple à votre manager une phase test d'un mois, où vous pouvez lui ressentir que votre travail est de meilleure qualité à distance. Dans le cas contraire, engagez-vous à revenir au bureau", poursuit le professionnel de santé.

8/ Rester vigilant sur le maintien de son équilibre personnel, avec la pratique d'une activité sportive, des loisirs, une vie sociale, un sommeil de qualité…
9/ Laisser le temps aux nouveaux processus de se mettre en place, et "faire un point avec son employeur dans trois mois, fin septembre par exemple".

Pour les managers :


1/ Garantir les règles sanitaires en entreprise.
"Beaucoup de salariés s'inquiètent encore du contact avec le Sras-Cov-2", rapporte Jean-Christophe Villette.

2/ Autoriser un retour progressif. "Tout le monde n'est pas obligé de revenir en même temps, il faut faire preuve de souplesse".

3/ Être particulièrement attentif aux nombreuses personnes qui ont pu être affaiblies psychologiquement ou physiquement pendant la crise.

4/ Être à l'écoute individuellement et collectivement des salariés. "L'état d'esprit des travailleurs est contrasté : il oscille entre satisfactions et inquiétudes. Certains sont par exemple ravis de retrouver physiquement leurs collègues, mais ont peur de perdre en productivité en revenant en présentiel. Cela crée un inconfort psychologique" , constate Jean-Christophe Villette.

5/ Avoir conscience de l'impact majeur que la crise sanitaire a pu avoir sur le travail de chacun, et l'exprimer verbalement aux équipes.

6/ Faire une mise à plat de ce qui a fonctionné ou pas au cours de l'année passée, et poser les bases avec les équipes de ce qui va conditionner les nouveaux équilibres.

7/ Soutenir les employés dans ce nouvel effort d'adaptation, et les encourager. "La majorité d'entre nous n'aime pas le changement", rappelle Jean-Christophe Villette.

8/ Travailler le lien social dans les équipes, avec des moments de convivialité spécifiques.

Par ailleurs, notez que ce retour au bureau peut être l'occasion de remettre les choses à plat avec son chef et/ou ses collègues en cas de dysfonctionnements relationnels ou fonctionnels. "C'est le moment de poser les choses avec du dialogue, sans être agressif bien sûr, et éventuellement de faire un point sur son avenir professionnel" , conclusion Jean-Christophe Villette.