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Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Une majorité de femmes néglige l'entretien prénatal précoce

Au cours de la grossesse, un entretien est réalisé pour faire le point avec la femme enceinte. Mais une minorité de femmes s’y rend, selon une enquête réalisée dans les maternités françaises.

Une majorité de femmes néglige l'entretien prénatal précoce Rafael Ben-Ari/Chameleo/REX/SIPA

  • Publié 24.02.2015 à 12h16
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La France progresse, mais peut mieux faire dans le suivi de la grossesse. Le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) livre des résultats édifiants sur l’entretien prénatal précoce (EPP). Censé être réalisé au 4e mois de la grossesse, il ne concerne en fait que deux femmes sur cinq.

 

Manque de temps ou d’information

Cet entretien peut être réalisé par divers professionnels de santé : médecin généraliste, gynécologue ou encore sage-femme. « Il a pour objectif de recueillir les demandes et craintes des femmes enceintes au sujet du déroulement de la grossesse et de l’accouchement », précisent les auteurs de cet article du BEH. Si nécessaire, la femme enceinte pourra être redirigée vers des spécialistes. L’objectif : suivre au mieux les risques relatifs à la grossesse.

 

Mais l’enquête, menée en 2012 dans 26 réseaux de santé en périnatalité (RSP) et 253 maternités, montre que de nombreuses femmes passent entre les mailles du filet. Sur les 1 990 femmes recrutées, seules 40 % se sont rendues à un entretien prénatal.
Dans l’ensemble, elles étaient satisfaites par l’entretien prénatal précoce (96 %). Parmi les femmes enceintes qui ont refusé de bénéficier d’un EPP, plusieurs ont avancé le manque de temps. Le fait d’être multipare influence également le refus. Mais dans 2/3 des cas, les femmes enceintes n’ont pas fait d’EPP… parce qu’elles n’en ont pas été informées. Il reste « trop peu réalisé », selon les auteurs de l’enquête.

 

Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire

 

Les médecins trop peu impliqués

Les sages-femmes sont les plus actives concernant cet entretien. 92,5 % d’entre elles le pratiquent. « Les gynécologues-obstétriciens et les médecins généralistes étaient peu représentés », notent les auteurs de l’article. A leurs yeux, le rôle de ces professionnels doit être précisé, particulièrement celui des généralistes. « Le rôle des RSP est, dans ce domaine, capital vis-à-vis de l’information et des formations auprès de ces professionnels », écrivent-ils. « De plus, même si ces professionnels ont été informés, leurs doutes sur l’intérêt de l’EPP sur le déroulement de la grossesse et l’issue de l’accouchement et leurs remarques sur le manque d’évaluation du dispositif ont été soulignés par nombre de RSP. »

 

Autre écueil, l’entretien se fait aussi plus tard que prévu : il est en moyenne réalisé à 5 mois de grossesse… mais certaines femmes repoussent jusqu’à presque 9 mois. Sans compter que cet entretien passe à côté de celles présentant des conduites addictives, à risque social ou psychologique. « On peut donc dire que l’EPP, tel que pratiqué dans les territoires de santé enquêtés, ne répond pas tout à fait à ses objectifs, à savoir aider les femmes les plus vulnérables », concluent les auteurs.

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