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Cancer du col de l’utérus : vacciner à l’école pour améliorer la prévention

Alors que plusieurs études plaident en faveur de la vaccination contre le papillomavirus humain, l'autorité de vaccination française propose de vacciner à l’école, afin de couvrir plus de jeunes filles.

Cancer du col de l’utérus : vacciner à l’école pour améliorer la prévention OJO Images / Rex Featur/REX/SIPA

  • Publié 12.09.2014 à 14h45
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Vacciner à l’école : l’hypothèse revient sur le tapis. Le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) publie ce 10 septembre un nouvel avis sur la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV). Il coïncide avec la présentation de plusieurs études qui livrent les premiers résultats de la vaccination dans certains pays, notamment le Danemark. Pour la première fois, ils confirment l’efficacité du vaccin en prévention des lésions précancéreuses du col de l’utérus.

 

La réussite du modèle danois

L’efficacité du vaccin contre le papillomavirus en prévention des verrues génitales et des infections a déjà été démontrée à plusieurs reprises. Elle a été confirmée par une étude australienne, qui constate deux fois moins de condylomes en deux ans. Mais ce sont les résultats de recherches menées au Danemark qui enthousiasment le plus. Depuis le début des campagnes de vaccination, en 2006, les lésions cervicales précancéreuses ont reculé de 73 % dans le pays.

 

La couverture vaccinale est également excellente : 80 % des jeunes filles âgées de 12 à 15 ans ont reçu les deux doses nécessaires. En rattrapage (16-27 ans), 6 jeunes femmes sur 10 bénéficient du vaccin. Loin des 30 % de couverture vaccinale constatés en France. Ce succès danois s’explique par une combinaison d’ingrédients favorables à la vaccination.

 

Ecoutez le Dr Birgitte Baldur-Felskov, chercheuse au Danish Cancer Society Research Center : « Nous avons peu de groupes qui militent contre la vaccination, nos médecins généralistes sont aussi très impliqués et la recommandent aux jeunes filles. »

 

Le semi-échec français

La France, de son côté, accuse un retard d’un an dans le lancement de la vaccination. Mais ce sont sans doute les polémiques entourant le vaccin qui ont le plus freiné les familles : les nombreuses plaintes déposées après le témoignage de Marie-Océane Bourguignon, atteinte d’une sclérose en plaques après sa vaccination, ont tempéré l’enthousiasme.

Le vaccin reste sûr, estime le Pr Catherine Weil-Olivier, professeur de pédiatrie à l’université Paris-Diderot. Contactée par pourquoidocteur, elle rappelle que les dernières études ajoutent encore des preuves de son efficacité. Pourtant, les pays « modèles » restent loin devant en termes de couverture vaccinale.

 

Ecoutez le Pr Catherine Weil-Olivier, professeur de pédiatrie : « Les seuls programmes qui aient réellement fonctionné sont les pays qui ont accepté la vaccination scolaire. »

 

Le Danemark fait ici figure d’exception : il n’a pas mis en place de vaccination à l’école. Ce sont les médecins généralistes qui jouent le rôle de force motrice. 

 

Des recommandations qui s'inspirent de l'étranger

Pour élaborer son nouvel avis, le Haut Conseil de Santé Publique a décidé de piocher le meilleur des différents pays. La vaccination en milieu scolaire a fait ses preuves en Australie et au Royaume-Uni. Elle présente deux avantages, comme l’explique le directeur du Comité Technique des Vaccinations au HCSP, le Pr Daniel Floret : « La vaccination à l’école améliore la couverture vaccinale. Elle règle aussi un autre problème inquiétant, qui est qu’il est probable que les filles qui se font vacciner sont les femmes qui se feront dépister. Cela signifie que le vaccin, actuellement, ne bénéficie pas à ceux qui en ont le plus besoin. » Le Haut Conseil recommande donc de suivre la tendance.

 

En revanche, le HCSP s’inspire directement du Danemark pour ce qui est du dépistage organisé. Mis en place en France en 2007, à titre d’expérimentation, il en est resté à ce stade : seuls 10 départements, dont l’Alsace, l’appliquent.

 

Ecoutez le Pr Daniel Floret, président du Comité Technique de Vaccination : « Dans les 10 départements, on arrive, au mieux, à 75 %. La recommandation c’est de généraliser, tout en sachant que, dans les autres pays où c’est le cas, on n’atteint pas les 80 %. »

 

Pour le Pr Floret, la vaccination et le dépistage doivent être envisagés comme « deux stratégies complémentaires. » Sans cela, la France ne parviendra pas à améliorer ses chiffres. 

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